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L'origine de Accouchement



Chez les peuples de l'Orient

Dès le temps de Jacob, l'art d'accoucher fut, selon Gognet, une profession particulière. « Il est aisé, dit-il, de reconnaître, par la manière dont Moise s'explique, qu'il y avait alors chez les peuples de l'Asie des sages-femmes telles qu'il y en a aujourd'hui parmi nous. »
Il paraît aussi qu'en Egypte, de temps immémorial, le soin des accouchements était confié aux femmes. On pourrait même soupçonner, par les termes dont Moïse se sert, que les sages-femmes égyptiennes faisaient usage de quelque machine propre à faciliter l'enfantement : c'était, autant qu'on le peut conjecturer, une espèce de chaise sur laquelle elles faisaient mettre la femme au moment du travail.


Chez les Grecs

On vient de voir que chez les peuples de l'Orient le soin des accouchements avait été dans l'origine confié aux femmes. Il n'en a pas été de même chez les Grecs, dans les premiers temps. Il était expressément défendu aux femmes d'exercer aucune des parties de la médecine, sans en excepter même celle des accouchements. Cette défense eut des suites très fâcheuses. Les femmes ne pouvaient se résoudre à appeler des hommes dans ces moments critiques : faute de secours, il en périssait beaucoup dans les travaux de l'enfantement.
L'industrie d'une jeune Athénienne, qui se déguisa en homme pour apprendre la médecine, tira les femmes d'intrigue. On avait remarqué que ce prétendu médecin était le seul dont les femmes se servissent. Cela fit naître des soupçons, on le traduisit devant l'aréopage pour rendre compte de sa conduite. Agnodice (c'était le nom de la jeune Athénienne) n'eut pas de peine à tirer ses juges d'erreur. Elle exposa le motif de son déguisement. Cette aventure fut cause qu'on abrogea l'ancienne loi. Depuis ce temps, les femmes eurent droit de présider aux accouchements.


En France

Dans le XVIe siècle, et encore fort avant dans le XVIIe, les femmes seules étaient en France en possession de faire des accouchements, et jusqu'au commencement du XVIe siècle elles faisaient, à l'exemple des sages-femmes égyptiennes dont nous avons parlé, usage le sièges ou chaises, qu'elles faisaient porter dans les maisons où elles étaient appelées pour exercer leur ministère.
S'il en faut croire Astruc, Art d'accoucher (histoire sommaire), l'emploi des chirurgiens dans les accouchements ne remonte pas plus haut que les premières couches de madame de La Vallière, en 1665. Comme elle voulait le plus grand secret, elle fit appeler Julien Clément, chirurgien qui avait de la réputation. On le conduisit avec le plus grand mystère dans une maison ou madame de La Vallière avait le visage couvert d'une coiffe, et l'on prétend que le roi était enveloppé dans les rideaux du lit qui le couvraient. L'accouchement fut heureux etc.
Clément fut employé dans les autres couches de la même dame, qui ne furent pas aussi secrètes, mais qui eurent le même succès ce qui donna de la réputation à l'accoucheur, et mit les princesses dans le goût de se servir de chirurgiens dans leurs accouchements. Comme cela se mit bientôt à la mode, on inventa le nom d'accoucheurs pour signifier cette classe de chirurgiens.
L'art des accouchements ne s'est perfectionné que fort tard ; il était encore dans l'état où l'avait laisse Celse, c'est-à-dire réduit à la ligature du cordon et à l'extraction de l'enfant mort, lorsque Paré, l'honneur des chirurgiens français, imagina d'amener au passage les pieds de l'enfant qui présentait toute autre partie que la tête, et de terminer ainsi l'accouchement.
Depuis, Portail, Puzos, Levret, Baudelocque, etc. , ont donné à cet art la perfection dont il paraît susceptible.

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