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L'origine de Alphabet


Ce mot est composé de alpha et de beta, qui sont les noms des deux premières lettres de l'alphabet grec. Par alphabet, dit Beauzée, on entend le catalogue des lettres usitée dans une nation pour la représentation des sons élémentaires de la langue qu'elle parle.


En Egypte et en Assyrie

Les Assyriens et les Égyptiens sont les peuples auxquels on attribue généralement l'invention des lettres, ou caractères alphabétiques. Platon dit positivement que Thaut fut le premier en Egypte qui distingua les lettres en voyelles et en consonnes, en muettes et en liquides. La connaissance de l'écriture alphabétique ne s'est répandue que fort lentement dans les différentes régions de l'univers. A l'exception de l'Égypte et de quelques contrées de l'Asie, le reste des nations a ignoré pendant plusieurs siècles un art si utile.


En Europe

Cadmus est le premier qui l'ait introduit dans l'Europe. Les meilleurs historiens de l'antiquité conviennent que c'est à l'arrivée de ce prince qu'on doit rapporter la connaissance des caractères alphabétiques dans la Grèce.
Les Phéniciens, comme la plupart des peuples orientaux, n'exprimaient point les voyelles en écrivant ; ils se contentaient de les aspirer, dans la prononciation. Les Grecs convertirent ces aspirations en voyelles qu'ils exprimèrent dans leur écriture. Un ancien historien attribue cette invention à Linus.


L'alphabet français

Quant à nous, nous tenons nos lettres des Latins ; les Latins tenaient les leurs des Grecs, qui les avaient reçues des Phéniciens.
Grégoire de Tours et Aimoin parlent de plusieurs ordonnances de Chilpéric touchant la langue. Ce prince fit ajouter à l'alphabet les quatre lettres grecques Ο, Ψ, Ζ, Ν. C'est ainsi qu'on les trouve dans Grégoire de Tours. Aimoin dit que c'était Θ, Ψ, Χ, Ω ; et Fauchet prétend sur la foi de Pithou et sur celle d'un manuscrit qui avait alors plus de cinq cents ans, que les caractères qui furent ajoutés à l'alphabet étaient l'Ω des Grecs, et les trois autres lettres des Hébreux ; c'est ce qui peut faire penser que ces caractères furent introduits dans le frank-teutch pour représenter des sons qui lui étaient particuliers, et non pas pour le latin, à qui ses propres caractères suffisaient. Il ne serait pas étonnant que Chilpéric eût emprunté des caractères hébreux, si l'on fait attention qu'il y avait beaucoup de juifs à sa cour.

En effet, il était nécessaire que les Francs, en enrichissant leur langue de termes et de sons nouveaux, empruntassent aussi les caractères qui en étaient le signe ou qui manquaient à leur langue propre, dans quelque alphabet qu'ils se trouvassent. Il serait à désire, aujourd'hui que notre langue est étudiée par tous les étrangers qui recherchent nos livres, que nous eussions enrichi notre alphabet des caractères qui nous manquent, surtout lorsque nous en conservons de superflus ; ce qui fait que notre alphabet pèche à la fois par les deux contraires, la disette et la surabondance ; ce serait peut-être l'unique moyen de remédier aux défauts et aux bizarreries de notre orthographe, si chaque son avait son caractère propre et particulier, et qu'il ne fût jamais possible de l'employer pour exprimer un autre son que celui auquel il était destiné.


Un alphabet magique et mystérieux

Les caractères alphabétiques présentant à la fois les noms des choses, leur nombre, les dates des événements, les idées des hommes, devinrent bientôt des mystères aux yeux même de ceux qui avaient inventé ces signes. Les Chaldéens, les Syriens, les Égyptiens, attribuèrent quelque chose de divin à la combinaison des lettres et à la manière de les prononcer. Ils crurent que les noms signifiaient par eux-mêmes, et qu'ils avaient en eux une force, une vertu secrète. Ils allaient jusqu'à prétendre que le nom qui signifiait puissance était puissant de sa nature ; que celui qui exprimait ange était angélique ; que celui qui donnait l'idée de Dieu était divin. Cette science des caractères entra nécessairement dans la magie : point d'opération magique sans les lettres de l'alphabet.
Cette porte de toutes les sciences devint celle de toutes les erreurs ; les mages de tous les pays s'en servirent pour se conduire dans le labyrinthe qu'ils s'étaient construit, et où il n'était pas permis aux autres hommes d'entrer. La manière de prononcer des consonnes et des voyelles devint le plus profond des mystères, et souvent le plus terrible. Il y eut une manière de prononcer Jéhovah, nom de Dieu chez les Syriens et les Égyptiens, par laquelle on faisait tomber un homme raide mort.

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