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L'origine de Anatomie



Les fondateurs de l'anatomie

On fait remonter aux premiers âges du monde l'origine de cette science. Alcméon de Crotone, disciple de Pythagore, passe pour avoir le premier anatomisé des animaux. Aristote disséqua des quadrupèdes, des poissons, des oiseaux et des insectes. Les détails exacts avec lesquels Homère décrit les blessures de ses héros prouvent jusqu'à l'évidence que ce prince des poètes ne manquait pas de connaissances anatomiques. Les Ptolémée, qui après la mort d'Alexandre occupèrent le trône d'Egypte, établirent à Alexandrie une école de médecine qui devint très célèbre. C'est au temps de ces princes, protecteurs des savants, qu'il faut, selon Goguet, rapporter tout ce qu'on nous dit des découvertes anatomiques dues aux Égyptiens.
Hérophile de Chalcédoine, qui vivait du temps de Ptolomée Soter, et Erasistrate, passent pour avoir les premiers anatomisé des corps humains, et sont regardés comme les fondateurs de l'anatomie proprement dite. Erasistrate et Hérophile disséquaient tout vivants les criminels condamnés à mort, car de leur temps, comme dans les siècles qui les avaient précédés, on regardait comme une action impure de toucher le corps d'un mort ; ce préjugé religieux, si nuisible aux progrès de l'anatomie, s'est perpétué dans les siècles suivants.


La dissection en France

Ce même scrupule retarda cette science dans les temps modernes. Au commencement du règne de François Ier, la dissection passait encore pour un sacrilège ; et Charles-Quint fit consulter les théologiens de Salamanque pour savoir si la religion permettait de disséquer le corps humain pour en connaître l'organisation.
Ce n'est donc que fort tard que l'anatomie proprement dite a éclairé la médecine et dirigé les opérations de la chirurgie ; elle ne remonte pas au-delà du XVIe siècle, et Vésale, médecin flamand, est le premier qui ait débrouillé cette science, que la France a depuis portée à un haut degré de perfection par une infinité de découvertes qui ont assuré à nos savants l'estime et la reconnaissance même des étrangers.


L'anatomie artificielle ou en cire

L'invention en est due à M. Gaetaro Giulio Zumbo, de Syracuse, qui apporta à l'académie des sciences en 1701 une tête d'une certaine composition de cire, qui représentait parfaitement une tête préparée pour une démonstration anatomique. Cet art a été longtemps connu en Italie sans qu'il fût exercé en France ; mais, pour être plus tardifs, ses progrès n'en ont pas été moins heureux. M. Desnoues, mademoiselle Bicheron, M. Pinson, ont frappé de surprise par la vérité de leurs figures ; et dans ces derniers temps M. Laumonier, déjà connu avantageusement pour l'expression et la vérité de ses imitations en cire, a figuré un corps humain , mâle, écorché, et dont la plus grande partie des viscères a été enlevée. Il a découvert des procédés nouveaux qui donnent à la cire le ton nacré des tendons, la transparence des membranes, l'œil onctueux des graisses, les différents pourpres qu'offrent les veines plus ou moins remplies, et a su prêter à cette substance, naturellement opaque, la transparence que les vaisseaux lymphatiques doivent nécessairement avoir ; enfin il applique tous ces moyens avec tant de patience et un sentiment si parfait de ressemblance, qu'il n'y a pour ainsi dire que le tact et l'odorat qui avertissent que ce n'est point un cadavre que l'on voit.

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