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L'origine de Année



La référence à un serpent

Il semble, dit Muret (Commentaires sur les amours de Ronsard, page 211), que l'an se retourne en soi-même, comme un serpent, d'où même il a pris le nom ; car an, en composition des mots latins, signifie quelque rondeur. Delà s'ont annus, annulus, ambio, ambustus, ambesus et tels autres.
A cette occasion, ajoute Muret, les Égyptiens, comme témoigne Orus Apollo, voulant peindre l'an, peignaient un serpent mordant sa queue.


La durée de la révolution annuelle du soleil

Les Chaldéens passaient pour les premiers qui eussent entrepris de mesurer la durée de la révolution annuelle du soleil. Leurs observations à cet égard n'avaient point été infructueuses ; car nous voyons que, dès le règne de Nabonassar, l'année chez ces peuples était divisée en 365 jours.
Il n'est pas aussi facile, suivant Goguet, de décider dans quel temps les Babyloniens ont connu la nécessité d'ajouter à leurs années ordinaires les cinq heures et quelques minutes dont la révolution annuelle du soleil surpasse la durée de 365 jours ; il est certain cependant que cette découverte n'avait point échappé aux astronomes chaldéens. Strabon n'en fixe point l'époque quoiqu'il donne à entendre que cette connaissance était fort anciennement répandue dans la Chaldée.

L'année juive, dit M. Alex. Lenoir dans son Essai sur le zodiaque de Denderah, comme celle des autres peuples, jusqu'au règne de César, était fixée à l'équinoxe d'automne.
L'année des Grecs était divisée en 360 jours ; leurs mois étaient de trente. Leur année commençait à la première pleine lune d'après le solstice d'été.


Dans la Rome antique

Romulus divisa l'année en dix mois , et donna le premier rang au mois de mars, qu'il appela du nom de Mars son père. Mais Numa Pompilius, ayant changé cet ordre, et fait commencer l'année au premier janvier, elle se trouva de douze mois, dont janvier et février étaient les premiers.
Numa, ayant donc ajouté deux mois, l'un consacré à Janus, et l'autre destiné aux sacrifices qui se faisaient pour les morts, et voulant égaler son année aux révolutions du soleil, ajouta , par un calcul peu juste, 90 jours en huit ans, et il les intercalait à la fois dans chaque huitième année, qui fut nommée hyperbolique, à cause de sa longueur.
Cette erreur, jointe à l'ignorance des pontifes et des augures, amena une confusion qui dura jusqu'à Jules César.


Sous Jules César

Celui-ci, en qualité de grand Pontife, entreprit de réformer le calendrier ; aidé de Sosigène et de Flavius, il établit une nouvelle année qui répondait au cours du soleil par le nombre de 365 jours ; et comme, outre les 365 jours, il restait encore six heures pour se conformer à la révolution solaire, César intercala un jour de quatre en quatre ans, en sorte que la quatrième année était de 370 jours, c'est ce que nous nommons l'année bissextile.


Sous Grégoire XIII

Pour que le calcul eût été entièrement juste, il aurait fallu que le cours du soleil fût de 365 jours six heures, au lieu de cinq heures quarante — neuf minutes. Ces onze minutes d'excédant donnèrent un jour entier et une minute en 131 ans, ce qui fit avancer les équinoxes d'un jour.
Pour remédier à cet inconvénient, le pape Grégoire XIII, éclairé par les observations astronomiques de Copernic et Tycho-Brahé, ordonna de retrancher dix jours de l'année 1582. Cette année fut appelée Julienne, du nom de Jules César, pour marquer l'époque de la fin de son calcul ; et, pour éviter à l'avenir cette erreur, il fut réglé que tous les 300 ans on omettrait l'année de 370. Ce règlement a été observé depuis lors parmi les nations catholiques.


De nombreux changement en France

Le commencement de l'année a longtemps varié en France. Sous les rois de la première race, les Français commençaient l'année du jour de la revue des troupes, qui était le 1er mars. Sous les rois de la seconde race, l'année s'ouvrait le jour de Noël, et sous ceux de la troisième, le jour de Pâques. Charles IX, en 1560, ordonna que l'année commencerait dans la suite au 1er janvier ; mais le parlement ne consentit à ce changement que vers l'an 1567.

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