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L'origine de Armoiries



Les symboles des différents peuples

Tous les peuples, dit Sainte-Foix, dans ses Essais sur Paris, ont eu des symboles, figures ou enseignes nationales :

  • Les Athéniens avaient une chouette pour symbole.
  • Les Thraces, une mort.
  • Les Celtes, une épée.
  • Les Romains, un aigle.
  • Les Carthaginois, une tête de cheval.
  • Les saxons, un coursier bondissant.
  • Les premiers Français, un lion.
  • Les Goths, une ourse.
  • Les chefs des Druides, des clefs.

Les figures de principaux états

Dans des temps moins éloignés, et d'après la nouvelle division des états, les nations, ou ceux qui les gouvernent, ont adopté des symboles ou armes distinctives. Nous allons faire connaître les figures symboliques des principaux
états, ou des principales maisons régnantes :

  • Les armes de l'empire d'Allemagne, ou de l'empereur, sont un aigle à deux têtes.
  • Celle des rois de France, trois fleurs de lis.
  • Celles d'Espagne, deux châteaux et deux lions écartelés.
  • Celles de Portugal, cinq écussons chargés de pesons qui représentent les deniers pour prix desquels le Christ fut vendu.
  • Celles d'Angleterre, trois léopards.
  • Celles de Prusse, un aigle couronné.
  • Celles de Russie ou Moscovie, un cavalier armé, tenant la lance en arrêt et un dragon sous ses pieds.
  • Celles de Suède, trois couronnes.
  • Celles de Danemark, trois lions.
  • Celles de Pologne, un aigle les ailes ouvertes.
  • Celles de l'église romaine ou du pape, deux clefs couronnées d'une tiare.
  • Celles du grand-turc, un croissant.

Une marque de noblesse

S'il y eut de tout temps des figures sur les boucliers et les drapeaux ce n'étaient, dans l'origine, que des emblèmes et des hiéroglyphes de fantaisie, qui ne servirent jamais, dans les anciens temps, à distinguer les familles ni à en marquer la noblesse. Les armoiries, au contraire, sont des marques héréditaires d'extraction et de noblesse, composées régulièrement de certaines figures et d'émaux, données ou autorisées par les souverains pour la distinction des personnes et des maisons.


Des armes pour origine

Les savants sont fort partagés sur leur antiquité, et n'ont aucune certitude du temps et du pays où l'art qui explique et règle les symboles héroïques a pris naissance. La plupart cependant, le P. Menestrier entre autres et Muratori, font honneur aux Français d'avoir été les auteurs des principes de cette science connue sous le nom d'art héraldique. L'époque n'en est pas certaine ; mais on ne connaît point d'auteurs qui traitent du blason avant 1150.
Ces marques distinctives ont été nommées armoiries, parce qu'on les peignait, parce qu'on les gravait sur le bouclier, sur la cuirasse, etc., et qu'elles ont pris leur origine des armes.


L'antiquité des armoiries

Quant à l'antiquité des armoiries, nous sommes fondés à croire que leur première institution doit être rapportée aux tournois célébrés vers la fin du dixième siècle. M. de Foncemagne a prouvé solidement que l'origine des armoiries remonte jusqu'aux tournoi que Henri Ier, surnommé l'Oiseleur, institua, dit-on, l'an 934, à Gottingen, pour entretenir la noblesse dans l'exercice des armes en temps de paix, et que Geoffroi de Preuilli introduisit en France vers l'an 1036.
Le rapport des armoiries aux tournoi est sensible, et en fait connaître l'origine et l'analogie. Les chevrons, les pals et les jumelles faisaient partie de la barrière qui fermait le champ du tournois : les combattants, après avoir remporté des épées ou d'autres armes, avaient droit d'en décorer leurs écus et de les y placer comme des monuments de leur valeur.
Une chose d'ailleurs qui détruit le sentiment de ceux qui reculent les armoiries jusqu'aux croisades, c'est qu'on sait indubitablement quelles étaient les armes de la famille de Begimbold, prévôt de l'abbaye de Mouri, en Suisse, depuis 1027 jusqu'en 1055 ; quelles étaient celles de Robert Ier, comte de Flandre, en 1072, et celles des comtes de Toulouse ; ce qui prouve l'existence des armoiries avant la première croisade, publiée seulement en 1095. Cette première expédition ne fit que les multiplier, et elles furent la distinction de la noblesse d'origine jusqu'en 1371, que les roturiers anoblis commencèrent à en porter.

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