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L'origine de Arquebuse et arquebusiers



La plus ancienne arme à feu

Arme à feu de la longueur d'un fusil ou d'un mousquet : c'est la plus ancienne des armes à feu, montée sur un fût ou long bâton. Ce mot, qu'on trouve écrit arquebute dans Cl. Fauchet et dans les Contes de Desperriers, vient de l'italien arcobusio, où arco signifie arc, et basio, trou. L'ouverture par où le feu se communique à la poudre dans les arquebuses qui ont succédé aux arcs des anciens, a donné lieu à cette dénomination.


Utilisée à la chasse

La Curne Sainte-Palaye rapporte à peu près à l'année 1550, sous Henri II, roi de France, l'invention de cette arme, qui fut perfectionnée en 1554 par d'Andelot, général de l'infanterie française ; et ce n'est guère qu'à cette époque que l'usage s'en est introduit à la chasse.
Dans l'origine, l'arquebuse ne fut pas telle que nous la connaissons ; elle était d'abord à rouet ; on la fit ensuite à croc. Ce fut une arquebuse de cette dernière espèce qui tua Bayard en 1524. On en fabriqua enfin de plus simples et de plus légères, en diminuant le calibre et la longueur. On inventa la batterie de pierre à feu, au lieu de la mèche dont on se servait.


Les compagnies d'arquebusiers

Lorsque l'arquebuse était en usage, on appelait arquebusiers les soldats qui en étaient armés. Il y avait des arquebusiers à pied et à cheval.
Les compagnies d'arquebusiers bourgeois, qui succédèrent à celles des arbalétriers, et qui furent autorisées par François Ier et ses successeurs, se formèrent de l'élite des citoyens qui s'exerçaient à tirer adroitement pour incommoder l'ennemi dans les approches : les rois les obligèrent souvent à les servir en campagne. Elles furent constamment d'une grande ressource pour la défense des villes ; c'est le témoignage que leur rendent Henri IV et Louis XIII dans leurs lettres-patentes de 1601 et 1602.
Leur adresse fut souvent salutaire à la patrie ; aussi les rois leur ont-ils accordé des immunités dont jouissait encore avant la révolution celui qui, à certain jour de l'année, abattait l'oiseau appelé jadis papegai ou papegaut. On le décorait même du titre de roi, d'empereur et de grand-maître, quand il remportait le prix de la province. On donnait jadis le titre de chevalier à celui qui abattait l'aile droite de l'oiseau, et celui de baron à qui emportait l'aile gauche.


Les chevaliers de l'arquebuse

Les chevaliers de l'arquebuse de Dijon, insensibles aux menaces et aux caresses du duc de Mayenne, gouverneur de la province, restèrent fidèles au roi, et cassèrent trois de leurs officiers qui s'étaient retirés au château avec les ligueurs. Quelques uns méritèrent l'exil ; d'autres s'attachèrent au parti du comte de Tavannes, chef du parti royaliste en Bourgogne, ou du brave Héliodore de Bissy, le fléau des ligueurs ; d'autres suivirent Henri IV à la bataille de Fontaine-Française. En 1595, ce bon prince se rendit au pavillon de l'arquebuse de Dijon, y tira l'oiseau avec les chevaliers, et confirma leurs privilèges.
Ceux de Beaune délivrèrent leur patrie, en chassant les soldats de Mayenne ; ceux de Sémur et de Flavigny soutinrent le parti du roi ; il en fut de même de ceux de Saulieu. En 1526, les chevaliers d'Auxonne se réunirent en corps avec plusieurs compagnies des villes voisines, pour défendre leur patrie contre le général Lannoi. On sait combien se distinguèrent ceux de Sain-Jean-de-Lône, au siège de leur ville, en 1636.

Les arquebusiers de Dijon se rendirent, en 1674, au siège de Besançon ; arrivèrent, le 10 mai, au camp où le roi les passa en revue, et s'y comportèrent si bien, que Louis XIV remit une épée de dix louis au lieutenant, et quatre louis à chaque chevalier. On attribue même à l'adresse de l'un d'eux la prise de la citadelle. C'était depuis cette époque que la médaille d'or, qu'on donnait au roi de l'oiseau, représentait Louis XIV, au siège de Besançon, récompensant les arquebusiers de Dijon.


L'arquebuse à vent ou fusil à vent

Cette machine, servant à pousser des balles avec une grande violence en n'employant que la force de l'air, n'a point été inventée, comme l'ont cru quelques uns, par des ouvriers hollandais, sous le règne de Louis XIII. David Rivaut, de Florence, maître de mathématiques de ce prince, donne, dans ses Éléments d'artillerie, la figure et la construction d'une arquebuse à vent, qui avait été inventée longtemps auparavant par un nommé Marin, bourgeois de Lisieux, et présentée au roi Henri IV.

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