Accueil > Les origines commençant par A > L'origine de asile

L'origine de Asile


Les temples, les autels, les statues et les tombeaux des héros étaient autrefois la retraite ordinaire de ceux qui étaient accablés par la rigueur des lois, ou opprimés par la violence des tyrans ; mais de tous ces asiles les temples étaient les plus sûrs et les plus inviolables.


Dans la Grèce antique

Le privilège attaché à certains lieux, de mettre les meurtriers à couvert de toutes poursuites, était très ancien chez les Grecs : on croyait que, l'asile de Samothrace avait été établi par Cybèle. Un des plus anciens est celui que Cadmus ouvrit dans la Béotie. Mais la faveur des asiles, dit Goguet, n'avait été établie originairement que pour les meurtriers involontaires.
Dans Thucydide, les Athéniens donnent à entendre très clairement que les autels des dieux ne servaient d'asile qu'à ceux qui avaient eu le malheur de commettre involontairement un homicide. On voit aussi dans Tite-Live le meurtrier du roi Euménès obligé d'abandonner l'asile du temple de Samothrace, comme indigne d'en jouir. Moïse, en établissant des villes de refuge pour les meurtriers involontaires, exclut formellement de ce privilège ceux qui se sont rendus coupables d'assassinat.


Dans la Rome antique

Afin d'augmenter la population de sa nouvelle cité, Romulus ouvrit, comme on sait, un asile à Rome dès le commencement de son règne. Le nombre de ces lieux de refuge augmenta dans la suite par la construction des temples et des autels qui jouirent de ce privilège.


En France

Les Francs eurent aussi leurs asiles. Sous la première race de nos rois, le droit d'asile dans les églises était un droit sacré ; ce droit s'étendait jusqu'aux parvis des églises et aux maisons des évêques. On ne lit qu'avec peine les désordres commis dans les XIIIe, XIVe et XVe siècles, d'autant plus impunément, que leurs auteurs trouvaient des retraites assurées dans presque toutes les églises et dans presque tous les monastères ; mais enfin les tribunaux séculiers, secondes de l'autorité royale, sont venus à bout de supprimer ces privilèges, qui ne servaient qu'à rendre la licence plus hardie.

Autres origines :