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L'origine de Astronomie



Depuis la nuit des temps

Si par l'origine de l'astronomie on entend les premières observations sur les mouvements des corps célestes, cette origine se perd dans les temps les plus reculés. Nous voyons par les livres saints, suivant la remarque de Goguet, que dès le premier âge on a dû avoir quelque méthode pour mesurer le temps. Le calcul, dit-il, que Moïse nous donne de la durée de la vie des premiers patriarches, et la manière dont il explique les circonstances du déluge, ne permettent pas d'en douter. Cependant, comme il n'y a point de connaissance qui dépende plus de la longueur du temps, l'astronomie ne sera parvenue que très lentement à un certain degré de perfection.


Les Babyloniens et les Égyptiens

De tous les peuples de l'antiquité, les Babyloniens et les Égyptiens ont été incontestablement ceux qui ont observé avec une constance plus soutenue le cours des astres. Favorisés dans leurs recherches par la beauté de leurs climats, par la vie pastorale et agricole, il n'est pas étonnant qu'ils aient porté fort loin leurs connaissances astronomiques.

Cependant vers l'Euphrate on dit que des pasteurs,
Du grand art de Kepler rustiques inventeurs,
Étudiaient lu lois de ces astres paisibles
Qui mesurent du temps les traces invisibles.
Marquaient et leur déclin et leur cours passager,
Le gravaient sur la pierre ; et du globe étranger,
Que l'univers tremblant remit par intervalle,
Savaient même embrasser la carrière inégale.
Ainsi l'astronomie eut les champs pour berceau :
Cette fille des cieux illustra le hameau.
On la vit habiter, dans l'enfance du monde,
Des patriarches rois la tente vagabonde,
Et guider le troupeau, la famille, le char,
Qui parcouraient au loin le vaste Sennaar.
Bergère, elle aime encore ce qu'aima sa jeunesse.
Dans les champs étoilés la voyez-vous sans cesse
Promener le taureau, la chèvre, le bélier,
Et le chien pastoral, et le char du bouvier ?
Ses mœurs ne changent point ; et le ciel nous le répète
Que la docte Uranie a porte la houlette.

(Fontanes, essai sur l'astronomie)


Les chaldéens

Les Chaldéens, qui disputent aux Égyptiens l'invention de l'astronomie, ont cultivé cette science avec le plus grand succès ; ils étaient parvenus à composer leur année solaire de 365 jours et quelques heures. Les astronomes de Chaldée, dit Goguet, étaient instruits que le soleil et les planètes avaient un mouvement propre d'occident en orient, et que ces révolutions se faisaient avec de grandes inégalités de temps, et de grandes différences de vitesse. Ils enseignaient que la lune est placée au-dessous de toutes les étoiles et de toutes les planètes ; que, comme elle est la plus petite de toutes celles qu'on aperçoit, elle est aussi la plus proche de la terre ; que sa révolution se fait en moins de temps, non pas qu'elle ait une plus grande vitesse que les autres planètes, mais à cause du peu d'étendue de son orbite. Ils savaient de plus que la lune n'a qu'une lumière empruntée, et que ses éclipses viennent de ce qu'elle entre dans l'ombre de la terre.
Les Chaldéens, dit encore l'auteur que nous venons de citer, ne comptaient que 36 constellations : 12 dans le zodiaque, et 24 hors de ce cercle. Ils distinguaient ces dernières en septentrionales et en méridionales. Ils avaient divisé chaque signe du zodiaque en trente degrés, et chaque degré en soixante parties ou minutes. Par cette méthode les Chaldéens avaient trouvé le mouvement moyen de la lune ; ils étaient ainsi parvenus à déterminer le retour périodique de cette planète avec beaucoup de précision.
L'avantage qu'ont eu ces astronomes, d'avoir inventé de fort bonne heure le moyen de mesurer exactement les différentes parties du jour, doit nous donner une assez bonne idée de leurs calculs astronomiques.


Les Grecs

Cependant c'est en Egypte que les plus grands génies de la Grèce allèrent puiser les connaissances astronomiques dont ils enrichirent leur patrie. Avant le voyage de Thalès, de Platon et d'Eudoxe en Égypte, les Grecs n'avaient nulle idée de ce qu'on peut appeler la science astronomique. Ils ignoraient la véritable durée de l'année solaire, ne connaissaient point les planètes, n'avaient aucune idée des éclipses et ne concevaient que d'une manière fort confuse les révolutions et les mouvements des corps célestes. Thalès de Milet fut le premier Grec qui fit des découvertes en astronomie.
Ptolomée, qui florissait à Alexandrie dans le IIe siècle, réduisit en corps de science toutes les connaissances astronomiques et ne contribua pas peu, par ses observations et ses travaux, à en reculer les limites. Son système du monde fut adopté pendant plusieurs siècles et un long espace de temps se passa sans que l'astronomie fît d'autres progrès.


En Europe

L'Europe n'étant sortie qu'au XIIIe siècle de l'ignorance où elle croupissait depuis un grand nombre d'années, les Arabes furent longtemps les seuls qui se livrèrent avec succès à l'astronomie ; mais, vers l'an 1230, l'empereur Frédéric II fit traduire de leur langue l'Almageste de Ptolamée, et Jean de Sacre-Bosco fut, en ce genre, le premier écrivain célèbre de ce temps-là.
Georges Purbach, professeur de mathématiques à Vienne, en Autriche, mort en 1461, et Jean Muller, plus connu sous le nom de Regiomontanus ou de Kœnigsberg, petite ville de Franconie, sa patrie, mort à Rome en 1476, furent les premiers, en Europe, qui, après la renaissance des lettres, s'appliquèrent à faire des observations astronomiques.
Enfin Copernic parut, et s'acquit, en 1530, une gloire immortelle par le nouveau système astronomique qu'il inventa. Kepler, aidé de Ticho-Brahé, auteur d'un nouveau système, fit les plus belles découvertes, et appliqua le premier aux mouvements planétaires ces beaux principes mathématiques connus sous le nom de lois de Kepler.
Galilée introduisit l'usage des télescopes, découvrit le premier les satellites de Jupiter, et publia ses observations, sous le titre de Nuncius sidereus.
Tandis que Hevelius, Gassendi, Horrox, Boullandward, contribuaient aux progrès de l'astronomie, Huyghens inventait les pendules astronomiques, signalait l'anneau de Saturne et un de ses satellites. Cassini découvrait quatre autre satellites de cette planète ; et Newton s'ouvrait le chemin de l'immortalité. Newton, né le 25 décembre 1642, et mort le 10 mars 1727, a considérablement étendu la sphère de l'esprit humain pour ce qui regarde l'astronomie. La découverte de l'attraction, dit Ricard (Poème de la sphère), suffit pour rendre son nom immortel ; car la connaissance que les anciens ont eue de cette force attractive, qui agit dans tout l'univers, n'empêche point qu'on ne doive faire honneur à Newton de la découverte de cette cause universelle dans le système du monde.


Les restaurateurs de l'astronomie

Kepler et Newton doivent donc être considérés comme les restaurateurs de l'astronomie, tant sous le rapport de leurs heureuses découvertes que sous celui des progrès qu'ils firent faire à cette science. Halley, compatriote de Newton, détermina les mouvements d'un grand nombre de comètes et la position de 373 étoiles de l'hémisphère sud ; Flamsteed, leur contemporain, donna pendant quarante ans une suite d'observations exactes sur le soleil, la lune, les planètes, et de plus un catalogue de 3000 étoiles, très estimé ; enfin, un autre Anglais, auteur des deux plus belles découvertes qui aient été faites en astronomie, Bradley, s'illustra par son explication physique de l'aberration des étoiles fixes et de la natation de l'axe de la terre.
Plusieurs autres astronomes très célèbres, tant français qu'anglais et allemands, concoururent à avancer la science astronomique. En France, Lalande et son illustre élève Delambre contribuèrent plus particulièrement à sa perfection, tant par leurs observations que par la publication des traités les plus complets qui aient paru sur l'astronomie.


Les télescopes de Herschell

En Angleterre, le célèbre Herschell est celui de tous les astronomes du XVIIIe et XIXe siècles qui a fait les découvertes les plus heureuses : pendant quarante années le bruit de ses succès a retenti dans toute l'Europe. C'est particulièrement aux télescopes qu'il confectionna et perfectionna lui-même, qu'il dut cette grande célébrité, puisqu'ils lui firent découvrir la planète qui porte son nom ; et cette découverte fut le fruit d'un travail immense, celui d'examiner successivement les diverses régions du ciel.
C'est alors qu'on eut un témoignage frappant des théories modernes, car les lois de Kepler firent déterminer les mouvements de cet astre avant qu'il eût achevé la dixième partie de son orbite immense : mouvements qui furent connus avec autant de précision que ceux des autres planètes. Cet astronome entreprit de porter jusqu'à la dernière limite le pouvoir des télescopes, et il y réussit, en considérant moins les conditions propres à en faciliter l'usage, que celles qui devaient augmenter la force optique. Il construisit un télescope d'une dimension extraordinaire, et c'est le plus grand instrument qu'on ait encore vu.
C'est par le moyen de ce télescope qu'il découvrit deux nouveaux satellites de Saturne, et qu'il reconnut que les nébuleuses se résolvaient presque toutes en une multitude innombrable d'étoiles. A l'inspection de Sirius, l'œil était vivement affecté, et demandait un repos de plus de vingt minutes pour pouvoir remarquer d'autres objets. La faible lumière que l'épaisseur de l'anneau de Saturne réfléchit, suffisait à Herschell pour qu'il pût l'apercevoir dans tous les temps.

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