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L'origine de Aurore boréale



Selon Lalande

Ce phénomène lumineux est ainsi nommé, dit M. de Lalande, parce qu'il a coutume de paraître du côté du nord ou de la partie boréale du ciel, et que sa lumière, lorsqu'elle est proche de l'horizon, ressemble à celle du point du jour ou de l'aurore.
Les aurores boréales, suivant la conjecture ingénieuse de M. de Mairan, dit l'historien de l'astronomie, sont dues à l'atmosphère solaire, étendue en fuseau au-delà de notre orbe : la terre la traverse et s'y plonge deux fois l'année ; la matière de cette atmosphère tombe dans notre air, s'y mêle, et, continuellement chassée de zone en zone par la rotation diurne du globe, se réfugie aux deux pôles, où elle s'amasse et se montre sous la forme de couronne et de jets colorés par le feu qui y domine.


La découverte du lien entre les aurores boréales et l'électricité

Buffon s'est appliqué à faire connaître les rapports que les aurores boréales ont avec l'électricité. Suivant ce grand naturaliste, les aurores boréales font varier sensiblement la direction de l'aiguille aimantée ; elles électrisent les pointes isolées, placées dans de grands tubes de verre ; on assure même avoir entendu un pétillement dans les aurores boréales, semblable à celui des étincelles électriques. Elles déclinent du nord à l'ouest, ainsi que l'aiguille aimantée. Il paraît que la matière électrique se porte vers le nord, et qu'elle sort des pôles de la terre, vers les parties surtout où il y a le plus de minéraux ; aussi les aurores boréales sont presque continuellement dans les régions septentrionales.


Un poème descriptif

Un phénomène aussi merveilleux était bien fait pour monter l'imagination d'un poète descriptif ; aussi avec quelle richesse le pinceau de Delille nous représente-t-il les effets que produisent ces aurores boréales :

Le nord, dans ses vastes domaines,
Contient de la clarté les plus beaux phénomènes.
Eh! qui ne connaît pas, dans ces climats glacés,
Ces feux par qui du jour les feux sont remplacés ?
Là, le pôle, entouré de montagnes de neige.
Conserve de ses nuits le brillant privilège.
Ces immenses clartés, ces feux éblouissants,
Au sein de l'ombre obscure au loin resplendissant,
Qui même avec les cieux où le jour prend naissance
Rivalisent de luxe et de magnificence.
Longtemps l'erreur les crut, dans ces âpres climats,
Le reflet des glaçons, des neiges, des frimas,
Des esprits sulfureux extraits de la terre,
Qui présageaient la mort, la discorde ou la guerre,
Et jusque sur leur trône épouvantaient les rois.
Enfin la vérité fait entendre sa voix,
Nous dit que le soleil enfante les aurores,
Ces merveilles du ciel, ces pompeux météore,
Abaissés, élevés, l'air pur ou nébuleux
Refuse, admet, accroît ou tempère leurs feux ;
Souvent l'épais brouillard tient leurs flammes captives,
Souvent laisse percer leurs clartés fugitives ;
Ils glissent en reflets, n'échappent en lingots,
Ou d'une mer de feu roulent au loin les flots ;
Ici blanchit l'argent et là jaunit l'opale,
Là se mêle à l'azur la pourpre orientale ;
Tantôt en arc immense ils prennent leur essor,
Roulent en chars brûlants, flottent en drapeaux d'or,
S'élancent quelquefois en colonnes superbes,
S'entassent en rochers, ou jaillissent en gerbe,
Et, variant le jeu de leur reflets divers,
De leur pompe changeante étonnent ces déserts.

(Les Trois Règnes de la nature, chant 1)

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