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L'origine de Avril



D'abord second, puis quatrième mois de l'année

C'était le second mois de l'ancienne année romaine, c'est-à-dire de l'année de Romulus, qui commençait par mars et qui n'avait que dix mois. Numa ajouta à cette année les deux mois de janvier et de février, et le mois d'avril se trouva alors le quatrième.
Ce mois, qui, chez les Romains, était consacré à Vénus, ramenait chaque année un grand nombre de fêtes toutes relatives à la fécondité de la terre. Son nom même, aprilis, dérivé d'aperire, disait que la terre s'ouvrait alors à de plus douces influences, pour donner l'espérance des moissons et des fruits : et voilà sans doute pourquoi, selon Boucher, Virgile fait ouvrir l'année par le Taureau, qui n'est que le deuxième signe du zodiaque, quoique l'année astronomique commence par le bélier.
Ovide, dans le quatrième livre des Fastes, rejette cette origine du mot aprilis. Il aime mieux en faire honneur à l'écume de la mer, dont Vénus était sortie, selon la mythologie grecque. C'est ainsi que ce poète ingénieux préfère presque toujours un mot galant à la vérité.


Poisson d'avril

Attrape, piège innocent que l'on tend à quelqu'un le premier jour d'avril.
Donner un poisson d'avril, c'est, dit l'abbé Tuet, faire faire à quelqu'un une démarche inutile, pour avoir occasion de se moquer de lui. Cette mauvaise plaisanterie n'a lieu que le premier jour d'avril. Quelques personnes lui donnent l'origine suivante :
Louis XIII faisait garder à vue, dans le château de Nancy, un prince de Lorraine dont il n'avait pas à se louer. Le prisonnier trouva le moyen de tromper ses gardes, et se sauva, le premier jour d'avril, en traversant la Meuse à la nage ; ce qui fit dire aux Lorrains que c'était un poisson qu'on avait donné à garder aux Français. Mais il est peu probable que ce mot soit la véritable origine du proverbe, qui doit être antérieur au règne de Louis XIII.

Gilbert Cousin observe que de son temps on appelait en France poisson d'avril, celui qui fait le métier infâme de débaucher les personnes du sexe, parce que le poisson dont il porte le nom (le maquereau) chez le bas peuple, est excellent à manger dans ce mois-là. « C'est vers ce temps-là, dit le Duchat, que le maquereau, qu'on appelle aussi poisson d'avril, se laisse prendre. »

Écoutons Bellingen dans l'explication qu'il donne de cette expression, sauf à y ajouter telle foi que de raison : « Quant au mot de poisson, il a été corrompu, comme une infinité d'autres, par l'ignorance du vulgaire, et la longueur du temps a presque effacé la mémoire du terme original. Car au lieu qu'on dit présentement poisson, on a dit passion dès le commencement, parce que la passion du Sauveur du monde est arrivée environ ce temps-là, et d'autant que les Juifs firent faire diverses courses à Jésus-Christ pour se moquer de lui et pour lui faire de la peine, le renvoyant d'Anne à Caïphe, de Caïphe à Pilate, de Pilate à Hérode, et d'Hérode à Pilate ; on a pris cette ridicule ou plutôt impie coutume de faire courrir et de renvoyer d'un endroit à l'autre ceux desquels on se veut moquer environ ces jours là. » (L'étymologie des proverbes français).

Autres origines :