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L'origine de Ballet


Les représentations d'une action par les gestes, les pas et les mouvements du corps, réglés sur la musique, sont ce qui constitue le ballet.


Les Égyptiens de l'antiquité

Les Égyptiens firent les premiers de leurs danses des hiéroglyphes d'action, comme ils en avaient fait de figurés en peinture, pour exprimer tous les mystères de leur culte. Sur une musique de caractère, ils composèrent des danses sublimes qui peignaient le mouvement réglé des astres, l'ordre immuable et l'harmonie constante de l'univers.


Les Grecs de l'antiquité

Les Grecs, dans leurs tragédies, introduisirent des danses et suivirent les notions des Égyptiens. Les chœurs, qui servaient d'intermèdes, dansaient d'abord en rond de droite à gauche, et exprimaient ainsi les mouvements du ciel qui se font du levant au couchant ; ils se tournaient ensuite de gauche à droite, pour représenter le cours des planètes.
Thésée changea ce premier objet de la danse des Grecs : leurs chœurs ne furent plus que l'image des évolutions et des détours du fameux labyrinthe de Crète. Cette danse, inventée et exécutée par le vainqueur du Minotaure et par la jeunesse de Délos, fut nommée la danse de la grue, parce qu'on s'y suivait à la file, comme font les grues, lorsqu'elles volent en troupe.
Deux célèbres danseurs furent en Grèce les inventeurs véritables des ballets, et les unirent à la comédie. Bathylle d'Alexandrie inventa ceux qui représentaient des actions gaies, et Pilade introduisit ceux qui représentaient les actions graves, touchantes et pathétiques.

Quelques auteurs ont prétendu que c'est à la cruauté d'Hiérou, tyran de Syracuse, que les ballets doivent leur origine. Ils disent que ce prince soupçonneux ayant défendu aux Siciliens de se parler, de peur qu'ils ne conspirassent contre lui, la haine et la nécessité, deux sources fertiles d'invention, leur suggérèrent les gestes, les mouvements du corps et les figures, pour se faire entendre les uns aux autres ; mais nous venons de voir que les ballets sont antérieurs à cette époque.


Chez les Romains puis dans l'Europe

Le ballet passa des Grecs chez les Romains. Dans la suite les Italiens et tous les peuples de l'Europe en embellirent successivement leurs théâtres, et on l'employa enfin pour célébrer, dans les cours les plus galantes et les plus magnifiques, les mariages des rois, les naissances des princes, et tous les événements heureux qui intéressaient la gloire et le repos des nations.
Il forma seul alors un très grand spectacle, d'une dépense immense, que, XVIIe et XVIIIe siècles, on a porté au plus haut point de perfection et de grandeur.


Le ballet en France

Lorsque l'opéra, que nous avons reçu des Italiens, fut établi en France, Quinault changea la forme des grands ballets, en coupant la danse par des morceaux de chant, et il fit le Temple de la Paix. Houdart de la Motte mit presque tout le récit en action, et donna, en 1697, l'Europe galante, qui est le premier ballet dans la forme adoptée sur le théâtre lyrique.


Les premiers ballets de chevaux

On lit dans Pline que c'est aux Sybarites que l'on doit l'invention de la danse des chevaux : le plaisir était le seul objet de ce peuple voluptueux ; il était l'âme de tous ses mouvements et de tous ses exercices. Athénée, d'après Aristote, rapporte que les Crotoniates, qui faisaient la guerre à ce peuple, s'étant aperçus du soin avec lequel on y élevait les chevaux, firent secrètement apprendre à leurs trompettes les airs de ballets que les Sybarites faisaient danser à ces animaux dociles.
Au moment de la charge, lorsque leur cavalerie s'ébranla, les Crotoniates firent sonner tous ces airs différents, et dès lors les chevaux sybarites, au lieu de suivre les mouvements que voulaient leur donner les cavaliers qui les montaient, se mirent à danser leurs entrées de ballet ordinaires, et les Crotoniates les taillèrent en pièces.
Les Bisaltes, peuples de Macédoine, se servirent du même artifice contre les Cardiens, au rapport de Charon de Lampsaque.


Des ballets dans presque tous les carrousels

Ces sortes de ballets se sont renouvelées dans les temps de la chevalerie, et dans presque tous les carrousels il y avait autrefois des ballets de chevaux qui faisaient partie de ces magnifiques spectacles.
Il paraît que la création du chevalier était en même temps célébrée par les acclamations du peuple qui s'empressait de marquer, par des danses faites autour de lui, la joie qu'il ressentait d'avoir acquis un nouveau défenseur. Plusieurs chevaliers ayant été souvent créés dans une même promotion, se seront peut-être réunis pour caracoler en cadence, et mêler ainsi leurs danses à celles du peuple qui les environnait : ce sera l'origine des fêtes ou ballets à cheval dont nous avons quelques exemples, et qui se dansaient encore à la cour du temps de Brantôme et de Bassompierre.
Pluvinel, un des écuyers du roi, en fit exécuter un fort beau dans le fameux carrousel de Louis XIII. Les deux plus beaux ballets de cette espèce dont on ait connaissance sont ceux qui furent donnés à Florence, le premier en 1608, le dernier en 1615.

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