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L'origine de Bas



Le métier à faire des bas

L'auteur du Dictionnaire du commerce dit que les Anglais se vantent en vain d'être les inventeurs du métier à faire des bas, et que c'est inutilement qu'ils en veulent ravir la gloire à la France ; que tout le monde sait maintenant qu'un Français, ayant trouvé ce métier si utile et si surprenant, et rencontrant des difficultés à obtenir un privilège exclusif qu'il demandait pour s'établir à Paris, passa en Angleterre où la machine fut admirée et l'ouvrier récompensé. Les Anglais furent si jaloux de cette invention, qu'il fut longtemps défendu, sous peine de la vie, de la transporter hors de l'île, ni d'en donner des modèles aux étrangers ; mais un Français les ayant enrichis de ce présent, un Français le restitua à sa patrie.
Par un effort prodigieux de mémoire et d'imagination, il fit construire à Paris, au retour d'un voyage de Londres, le premier métier, celui sur lequel on a construit ceux qui sont en France et en Hollande ; voilà ce qu'on pense parmi nous de l'invention du métier à bas. Il est bon de remarquer qu'on ne sait à qui l'attribuer en Angleterre, le pays du monde où les honneurs qu'on rend aux inventeurs de la nation leur permettent le moins de rester ignorés ; quoique Anderson fasse honneur de cette découverte à William Lée, et prétende que l'art de faire des bas au métier fut inventé à Cambridge, en 1589.
Le docteur Howell, dans son Histoire du Monde, prétend que la découverte de Lée n'est que de 1600, et par conséquent onze ans plus tard. Le même écrivain prétend que M. Lée ne se contenta pas d'enseigner les procédés de son art en Angleterre et en France, mais que ses ouvriers même se répandirent en Espagne, à Venise et en Irlande, où ils montrèrent la méthode de faire des bas au métier.


La première manufacture en France

La première manufacture de bas au métier, en France, fut fut établie en 1656, dans le château de Madrid, au bois de Boulogne, sous la direction d'un nommé Hindret. Ce premier établissement ayant eu un succès considérable, Hindret forma, en 1666, une compagnie qui; sous la protection royale, fit faire de si rapides progrès à sa manufacture, que six ans après on érigea, en faveur des ouvriers qui y travaillaient, une communauté de maîtres ouvriers de bas au métier.
Il paraît que l'art de faire des bas à côtes, inventé par les Anglais, ne fut connu en France qu'en 1770 ; c'est à cette époque qu'un nommé Sarrazin établit à Paris et ensuite à Lyon une fabrique de bas à côtes, façon d'Angleterre.


Bas de soie

Quoique la soie fût commune en France au XVe siècle, on ne connaissait pas encore la façon d'en faire des bas tricotés. Les bas que l'on portait alors étaient des bas d'étoffes de soie ou de laine qui étaient appelés chausses, d'où est venu le nom de haut-de-chausses, qui a été si longtemps en usage.
Henri II, en 1559, est le premier roi de France qui ait porté des bas de soie tricotés. Par cette magnificence, il voulut honorer les noces de sa sœur, Marguerite de France, avec Emmanuel-Philibert, duc de Savoie. Il y en a qui attribuent ce trait à Henri III , et le fixent à l'an 1571, au mariage de la princesse Marguerite, sa sœur, avec le roi de Navarre Henri IV ; mais les bas de soie étaient en usage avant cette époque, et ce n'était plus, lors du mariage de Henri-le-Grand, une nouveauté digne de remarque, surtout dans un roi.
On lit, dans Louis Cabrera, que la femme d'un nommé Lopès de Padilla crut faire un très beau présent au roi d'Espagne, Philippe II, en lui envoyant de Tolède en Flandre une paire de bas de soie.

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