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L'origine de Beffroi


Tour ou clocher d'où l'on fait le guet, et où l'on sonne l'alarme. Telle est la définition que donne l'académie.


Une espèce de Toscin

Quasi bée effroi, dit Nicot, car il n est expressément fait pour béer et regarder ou faire le guet en temps soupçonneux, et pour sonner à l'effroi.
Il est à remarquer cependant qu'un instrument d'airain creux et sonore s'appelait bel en breton et que de là peuvent venir l'anglais belfry et le français beffroi.

Beffroy ou baffray ne signifie rien moins qu'une cloche grande ou petite, ainsi une bastille, tour ou machine de bois, de laquelle on se servait du temps de la vieille guerre pour défendre quelque passage, ou pour favoriser les approches d'une ville assiégée. Ainsi, dit Joinville, le roi eut conseil de faire faire une chaussée à travers la rivière ; pour passer aux Sarrasins, et pour garder ceux qui feraient ladite chaussée, il fit faire deux baffrays qu'on appelle chasteils.
Et chez Froissart, parlant du siège de Tournay : « Et d'autre part les Flamans assaillirent souvent ceux de Tournay et avaient fait nefs sur l'Escaut, beffroys et atournements d'assaut. »

Pourtant, beffroy se prend aussi pour clocher et pour toutes sortes de tours de pierre ou de bois mais jamais pour cloche. Et en ce sens nous lisons dans le même Froissart que le comte de Haynaut, voyant brûler son pays par les Français, fit sonner les cloches au beffroy à la volée. Et afin d'ôter toute équivoque, on voit, dans la vieille chronique de Flandre, que les Flamands ayant été défaits à Cassel par le roi Philippe de Valois, entre les autres peines dont il châtia ceux de la ville d'Ipre, il est remarqué qu'étant venu en cette ville, il fit dépendre la cloche qui pendait au beffroy.

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