Accueil > Les origines commençant par B > L'origine de bibliothèque

L'origine de Bibliothèque



Les premières bibliothèques

Les Juifs sont le premier peuple qui ait eu une bibliothèque. Outre les tables de la loi, les livres de Moïse et ceux des prophètes, qui étaient conservés dans la partie la plus secrète du sanctuaire, y avait encore une bibliothèque dans chaque synagogue. C'est chez les Égyptiens, dit Goguet, qu'on trouve ensuite l'exemple de la plus ancienne bibliothèque dont il soit parlé dans l'histoire.
Dans le nombre des bâtiments dont était accompagné le superbe tombeau d'Osymandias, il y en avait un qui renfermait la bibliothèque sacrée ; on lisait au-dessus cette inscription : Le trésor des remèdes de l'âme. Il y avait encore une belle bibliothèque à Memphis, déposée dans le temple de Vulcain ; c'est de là que Naucratès accuse Homère d'avoir volé Iliade et Odyssée, et de les avoir ensuite données comme ses propres productions.


Les bibliothèques d'Alexandrie et de Pergame

Mais la plus riche et la plus nombreuse peut-être qui ait jamais existé, est celle des Ptolémées à Alexandrie ; elle fut commencée par Ptolémée-Soter et composée par les soins de Démétrius de Phalère, qui fit rechercher à grands frais des livres chez toutes les nations, et en forma, selon saint Épiphane, une collection de 54 800 volumes. Elle reçut un immense accroissement sous les successeurs de Ptolémée-Soter, puisqu'on y compta jusqu'à 400 000 volumes.
César, assiégé dans un quartier d'Alexandrie, se vit contraint de faire mettre le feu à sa flotte ; le vent porta les flammes plus loin que César ne voulait, et l'embrasement gagna du port à la bibliothèque, qui fut presque entièrement consumée. Elle fut recomposée dans la suite, et devint en peu de temps fort nombreuse ; mais elle fut de nouveau détruite, l'an 650 de notre ère, par l'ordre du calife Omar, et les livres qui la composaient servirent à chauffer, pendant six mois, les bains publics d'Alexandrie.

Jaloux de protéger les lettres et les sciences, Eumène, roi de Pergame, fonda à Pergame même une fameuse bibliothèque destinée à l'usage du public, et Pline paraît douter laquelle de ces deux bibliothèques, celle de Pergame ou celle d'Alexandrie, avait été établie la première dans un si louable dessein.


Les bibliothèques publiques et particulières

Pisistrate fut le premier des Grecs qui recueillit les ouvrages des savants, et forma à Athènes une bibliothèque publique. Après la mort de ce tyran, les Athéniens augmentèrent considérablement cette bibliothèque et en fondèrent même d'autres. Dans la suite Thèbes, Rhodes, Corinthe et plusieurs autres villes de la Grèce eurent des bibliothèques publiques et particulières.
Paul-Émile fut le premier qui apporta à Rome une grande quantité de livres qu'il avait amassés en Macédoine et dans la Grèce : il en composa une bibliothèque particulière. Sylla suivit son exemple, et ensuite Lucullus ; ce dernier surtout fit transporter à Rome la riche bibliothèque qu'il avait trouvée à Pergame ; et, pour la placer commodément, il fit construire un vaste bâtiment orné de portiques et de galeries, avec de grandes salles où s'assemblaient les savants pour conférer des matières de littérature. Ce fut la première bibliothèque publique que l'on vit à Rome. Le goût des bibliothèques particulières se répandit bien vite, depuis que les Romains eurent un commerce immédiat avec les Grecs, et surtout depuis qu'ils se furent rendus maîtres de la Grèce. On en vit de très nombreuses chez plus sieurs particuliers ; telles étaient celles de Crassus, d'Asinius-Pollio et de Cicéron.


Les bibliothèques chrétiennes

Les premiers chrétiens eurent aussi des bibliothèques publiques. Eusèbe nous atteste que chaque église avait la sienne ; mais elles furent brûlées et détruites par Dioclétien. Constantin-le—Grand fonda, selon Zonaras, l'an 336, la bibliothèque de Constantinople, qui contenait 120 000 volumes. Enfin les barbares qui inondèrent l'Europe détruisirent partout les bibliothèques ; quelques ouvrages échappèrent à peine à leur fureur, et ce fut dans les monastères que l'on conserva une partie des livres anciens qui sont venus jusqu'à nous.


La Bibliothèque nationale de France

Si quelque chose pouvait consoler des pertes irréparables, ce serait certainement le grand nombre de dépôts littéraires que la France, l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre, etc., possèdent de nos jours : nous ne parlerons pas de toutes ces bibliothèques, le détail en serait trop long ; nous nous contenterons de citer cette immense bibliothèque connue sous le nom de Bibliothèque du Roi, et devenue, en 1994, la Bibliothèque nationale de France, est certainement la plus riche, la plus nombreuse que l'on connaisse aujourd'hui.
Charles V est celui de nos rois à qui nous devons les premiers fondements de ce trésor littéraire. Le roi Jean, son père, lui avait laissé quelques livres, il en accrut le nombre jusqu'à 910 volumes ; nombre remarquable dans un temps où les lettres n'avaient fait encore que peu de progrès en France. Il plaça ces livres dans une tour du Louvre, qui pour cette raison fut appelée la tour de la Librairie. Un seul garde en titre en eut longtemps le soin ; et ce fut Guillaume Budé qui le premier posséda la charge de bibliothécaire en chef, créé par François Ier sous le titre de maître de la librairie du roi.
Après avoir essuyé plusieurs déplacements, cette bibliothèque fut transportée et fixée en 1724, à l'hôtel de Nevers, rue de Richelieu. On prétend qu'elle renfermait 60 000 volumes manuscrits, environ 400 000 volumes imprimés, 5000 volumes d'estampes et 2000 planches gravées. Il a paru, en 1782, un ouvrage intitulé : Essai historique sur la Bibliothèque du Roi et sur l'examen des dépôts qui la composent, avec la description des bâtiments et des objets les plus curieux à voir dans ces différents dépôts ; c'est à cet ouvrage, qui renferme des détails curieux sur l'état de cet établissement, à cette époque, que nous croyons devoir renvoyer le lecteur.

Autres origines :