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L'origine de Blason


L'art héraldique, ou l'art de blasonner les armoiries des maisons nobles, ou d'en expliquer toutes les parties dans les termes qui leur conviennent.


Issu du mot blasen

Blasen est un mot allemand qui signifie sonner du car ou de la trompe, et on a pris de là le nom qu'on a donné à la description des armoiries, parce qu'anciennement ceux qui se présentaient aux lices pour les tournois sonnaient du cor pour faire savoir leur venue. Les hérauts, après avoir reconnu s'ils étaient gentilshommes, sonnaient aussi de leur trompe ; ils criaient à haute voix, et décrivaient les armoiries de ceux qui se présentaient.
Lorsqu'on avait paru deux fois dans ces tournois solennels qui se faisaient en Allemagne de trois en trois ans, la noblesse était suffisamment reconnue et blasonnée, c'est-à-dire annoncée à son de trompe par les hérauts. Le mot blason s'est pris anciennement en France pour toute sorte de description, quelquefois pour éloge, et quelquefois pour blâme et médisance.
Blasen est l'origine de toutes ces significations parce que dans les tournois on décrivait les pièces de l'écu, on louait ou blâmait les chevaliers.


Un art français

Cet art d'expliquer toutes sortes d'armoiries en termes propres est de l'invention des Français. On ne voit point d'auteurs qui parlent du blason avant l'an 1150. Les véritables armoiries n'étaient pas encore connues ; ce sont les tournois et les croisades qui ont donné naissance à cet art. Une lance, une épée enlevée dans un combat ou dans un tournoi : un château, une tour, les créneaux ou les palissades de quelques remparts, forcés ou défendus ; le parti, le taillé, le tranché, qui peut exprimer les coups dont l'écu du chevalier aurait été fendu ou coupé en divers sens, et autres faits semblables, ont donné l'origine aux différentes pièces des écus, et ces pièces, répétées plusieurs fois, marquent le nombre des exploits qui ont été renouvelés par le chevalier ; de là vient que quelques uns les ont pris sans nombre.


La naissance de l'art héraldique

Comme les hérauts d'armes étaient tenus de caractériser les armes de ceux qui voulaient entrer en lice dans les tournois, ou, pour être mieux entendu, on peut dire, avec Nicot, comme les hérauts, en blasonnant les armoiries d'un prince ou autre, récitaient la haute et prudente signification du blason d'icelui, y ajoutant ses louanges et hasardeuses entreprises, il fallait que ces hérauts fussent versés dans la science du blason, qui de là a été nommée l'art héraldique.


Des pièces de poésie

Nos pères nommaient de ce nom certaines petites pièces de poésie contenant l'éloge ou le blâme de la personne ou de la chose qui en était l'objet. « Le blason, dit Ch. Fontaine (Abréviation de l'art poétique), est une composition contenant la louange ou vitupère d'autrui. Il est composé de dix vers ou moins ; le plus abrégé est le meilleur. » Marot a fait le blason du beau Tétin et celui du laid Tétin.

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