Accueil > Les origines commençant par B > L'origine de bonnet

L'origine de Bonnet


On ignore si, dans les premiers temps, l'usage était, chez les peuples de l'Asie, que les hommes se couvrissent la tête ; on voit seulement dans quelques occasions les femmes se voiler. Les Babyloniens portaient pour bonnet une espèce de toque ou turban ; les Mèdes se couvraient la tête d'une tiare ou espèce de bonnet magnifique.


Dans la Grèce et la Rome antiques

Les Grecs et les Romains allaient ordinairement la tête nue ; mais leurs femmes ne paraissaient jamais en public que couvertes d'un voile, ou, pour mieux dire, d'une espèce de mante qui se mettait pardessus la robe, et s'attachait avec une agrafe. Les Athéniens, au rapport d'Élien, frisaient leurs cheveux et y entremêlaient des cigales d'or. Quelquefois ils portaient une espèce de bonnet appelé pilion d'où est venu pileus des Latins.
Les Romains, quand il faisait trop chaud ou trop froid, se couvraient la tête d'un pan de leur toge qu'ils relevaient par derrière. Ils ne portaient les bonnets ou les capuchons que pour marcher la nuit. En voyage, ils se couvraient la tête d'une façon de bonnet ou chapeau nommé petasus, pétase ; il était aussi en usage chez les Grecs. Ce pétase avait les bords rabattus, mais plus étroits que ceux de nos chapeaux. Mercure, comme grand voyageur portait un pétase auquel il avait attaché des ailes.


L'usage des bonnets en France

L'époque de l'usage des bonnets et des chapeaux, en France, se rapporte à l'an 1449 ; ce fut à l'entrée de Charles VII à Rouen que l'on commença à en voir : on s'était jusqu'alors servi de chaperons ou de capuchons. M. le Gendre en fait remonter l'origine plus haut : on commença, dit-il, sous Charles V, à rabattre sur les épaules les angles des chaperons, et à se couvrir la tête de bonnets qu'on appela mortiers, lorsqu'ils étaient de velours ; et simplement bonnets, s'ils étaient faits de laine.
Le mortier était galonné ; le bonnet au contraire n'avait pour ornement que deux espèces de cornes fort peu élevées, dont l'une servait à le mettre sur la tête, et l'autre à se découvrir. Il n'y avait que le roi, les princes et les chevaliers qui portassent le mortier. Le bonnet était, non seulement l'habillement de tête du peuple, mais encore du clergé et des gradués ; au moins fut-il substitué parmi les docteurs, bacheliers, etc., au chaperon, qu'on portait auparavant comme un camail ou capuce, et qu'on laissa depuis flotter sur les épaules. D'ailleurs la forme des bonnets a éprouvé beaucoup de variations selon les différents temps.


Le bonnet vert

Pour marquer, dit Pasquier, dans ses Recherche sur la France, que celui qui fait cession de bien est devenu pauvre par sa folie, on le force de porter un bonnet vert.

Sans attendre qu'ici la justice ennemie
L'enferme en un cachot le reste de sa vie,
Ou que d'un bonnet vert le salutaire affront
Flétrisse les lauriers qui lui couvrent le front.

(Boileau, satire)

La peine du bonnet vert, pour les cessionnaires et les banqueroutiers, nous vint d'Italie et s'introduisit en France à la fin du XVIe siècle ; mais elle fut comme abolie au commencement du XVIIIe. Cette marque d'infamie assujettissait ceux qui y étaient condamnés à porter un bonnet vert, dont l'exhibition empêchait l'exécution des décrets de prise de corps ; mais si le cessionnaire était trouvé sans son bonnet vert, il pouvait être constitué prisonnier.

Autres origines :