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L'origine de Bouclier



L'étymologie de Bouclier

« Ce mot vient, dit le P. Labbe (Étymologie des mots français), de boucle, buccula ; non pas, ajoutet-il, parce qu'on couvrait le bouclier de boucles, mais parce qu'il était attaché au bras par une boucle, ou plutôt, parce que l'on passait le bras dans une boucle ou gros anneau pour le tenir ferme et serré. »
Suivant d'autres savants, bouclier, dérivé de buccularium, vient bien aussi du latin buccula, mais ils donnent à buccula une autre signification qui reviendrait à celle de bosse, relief : c'est, disent-ils, parce qu'on représentait sur les boucliers des têtes ou gueules de gorgone, de lien ou d'autres animaux.


Dans la Grèce antique

Le bouclier est une des plus anciennes armes défensives et la seule dont il soit parlé dans les livres de Moïse : les Égyptiens s'en attribuaient l'invention. Le bouclier d'Achille est décrit dans l'Iliade ; Hésiode a chanté celui d'Hercule, Virgile nous a dépeint celui d'Enée, et Silius celui d'Annibal.

Les Grecs avaient reçu des Égyptiens le bouclier et le casque. On voit d'abord que leurs boucliers étaient d'une grandeur étonnante, ayant presque la hauteur d'un homme. Au temps de la guerre de Troie, ils ne les portaient point encore au bras ; ils étaient attachés au cou par une courroie et pendaient sur la poitrine : lorsqu'il s'agissait de se battre, on les tournait sur l'épaule gauche et on les soutenait avec le bras ; pour marcher, on les rejetait derrière le dos, et alors ils battaient sur les talons. Les Cariens, peuple très belliqueux, changèrent cet usage si peu naturel et si désavantageux : ils enseignèrent aux Grecs à porter le bouclier passé dans le bras par le moyen de courroies faites en forme d'anses.
C'était un usage chez les Grecs de suspendre dans les temples les armes et particulièrement les boucliers des ennemis qu'ils avaient vaincus, tant pour laisser un souvenir de leurs victoires, que pour rendre grâces aux dieux qui les leur avaient fait remporter. Ces boucliers ainsi consacrés aux dieux s'appelaient boucliers votifs. Cette coutume de suspendre des boucliers dans les temples passa, comme la plupart des autres, de Grèce en Italie.


Dans la Rome antique

La figure du bouclier a fort varié chez toutes les nations. Le premier bouclier des Romains fut celui des Argiens ; ils le nommaient clypeus. Après leur réunion avec les Sabins, ils adoptèrent le scutum de ces derniers. Ce bouclier formait un carré oblong, tantôt plat, tantôt courbé. Il devint l'arme défensive de l'infanterie. La cavalerie eut un bouclier rond que l'on appelait parma.
Chaque légion avait des boucliers d'une couleur particulière et ornés d'un symbole qui les distinguait de ceux des autres légions, tels que le foudre, une ancre, un serpent, etc. On y joignait encore des signes distinctifs, pour que le bouclier de chaque soldat pût être reconnu.


En Europe

Le bouclier des anciens Français était fait d'un bois léger, poli et couvert d'un cuir bouilli. Perdre ou se laisser ôter son bouclier en combattant était une ignominie chez les anciens Germains. Les premiers Français élisaient leurs rois, en les élevant sur un bouclier qu'ils appelaient pavois. C'était ainsi que les soldats romains proclamaient leurs empereurs.
Aux boucliers des anciens ont succédé, chez les modernes, les écus, les rondaches, boucliers ronds et grands ; les rondelles, boucliers ronds et fort petits, qui ont été longtemps en usage chez les Espagnols.

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