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L'origine de Bouffons



L'origine du mot Bouffon

Cœlius Rhodigi nous rapporte une histoire que la plupart des auteurs regardent comme l'origine du mot bouffon.
Le roi Erechtée avait, dit-il, institué une fête dans l'Attique, à l'occasion d'un sacrificateur nommé Buphon qui, après avoir immolé le premier bœuf sur l'autel de Jupiter-Polien, ou gardien de la ville, prit la fuite si promptement, qu'il ne fut pas possible de le trouver, malgré les perquisitions les plus exactes ; on déposa chez les juges la hache et les autres instruments du sacrifice qu'il avait laissés par terre, pour leur faire le procès ; mais la hache seule fut déclarée criminelle.
Cette cérémonie ne manquait pas d'être renouvelée toutes les années avec les mêmes circonstances ; et, comme rien n'était plus burlesque, on a appelé depuis bouffons et bouffonneries, les farceurs et les momeries qui ont paru ridicules.


L'étymologie de Bouffon

« Bouffon, dit M. Nodier (Dictionnaire des onomatopées françaises), doit se rapporter à la même racine que bouffée et bouffi, suivant Ménage qui, d'après Saumaise, le dérive du bocca infiata des Italiens. Ils appellent encore buffo magro, un maigre bouffon, le mauvais plaisant qui ne fait pas rire ; soit, comme le dit Voltaire, qu'on veuille dans un bouffon un visage rond et une joue rebondis ; soit que cette bouffissure des joues, qui est une des bouffonneries les plus triviales des plus grossiers saltimbanques, ait déterminé leur nom générique. Il serait tout au moins difficile d'en donner une autre explication. »


Dès l'Antiquité

Les Grecs et les Romains avaient des bouffons dont l'emploi était, dans diverses cérémonies, de divertir le peuple par leurs quolibets et leurs momeries. Au triomphe de Scipion l'Africain, les rois et les généraux qu'il avait vaincus marchaient devant son char, enchaînés, et ayant la tête rasée, pour marque de leur servitude. Deux ou trois bouffons, aussi enchaînés, et vêtus de magnifiques robes, contrefaisaient, par leurs mines et leurs gestes, ces malheureux captifs, pour divertir le peuple. « Il faut avouer, dit Saint-Foix, que ces illustres Romains étaient d'indignes hommes. »
Longtemps en Europe les rois, et même les grands seigneurs, ont eu des fous ou bouffons en titre, et cette mode n'a cessé en France que sous le règne de Louis XIV, par la disgrâce de l'Angely, dernier bouffon de cette cour, quoiqu'elle se soit conservée en Allemagne encore longtemps après.

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