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L'origine de Boulanger


Il paraît, dit J. Peuchet, dans son Dictionnaire universel de géographie commerçante, que dans notre langue le mot boulanger vient de ce qu'autrefois on tournait les morceaux de pâte et qu'on faisait les pains ronds comme des boules.


Le début du pétrissage du pain

La profession de boulanger, devenue aujourd'hui si nécessaire, était inconnue aux anciens. Les premiers siècles étaient trop simples pour apporter tant de façons à leurs aliments. Le blé se mangeait en substance comme les autres fruits de la terre ; et après que les hommes eurent trouvé le secret de le réduire en farine, ils se contentèrent encore longtemps d'en faire de la bouillie.
Lorsqu'ils furent parvenus à en pétrir du pain, ils ne préparèrent cet aliment que comme les autres, dans la maison et au moment du repas. C'était un des soins principaux des mères de famille ; et, dans un temps où un prince tuait lui-même l'agneau qu'il devait manger, les femmes les plus qualifiées ne dédaignaient pas de mettre la main à la pâte. « Abraham, dit l'Ecriture, entra promptement dans sa tente, et dit à Sara : Pétrissez trois mesures de farine, et faites cuire des pains sur la cendre. »


Une tradition qui se répandit dans tous les peuples

On ne peut point, dit Goguet, déterminer le temps où l'art de faire le pain a commencé à être connu dans la Grèce. La tradition faisait honneur de cette invention au dieu Pan. On voit par Homère que cette découverte devait être assez ancienne. On peut également remarquer que dans les temps héroïques les femmes paraissent avoir été les seules qui se mêlassent du soin de préparer cet aliment.
Les dames romaines faisaient aussi le pain. Cet usage passa dans les Gaules, et des Gaules jusqu'aux extrémités du nord. Les boulangers ont commencé en Orient ; les Hébreux, les Grecs, les Cappadociens, les Lydiens et les Phéniciens eurent des gens préposés pour faire le pain. Ces ouvriers ne passèrent en Europe qu'en l'an 583 de la fondation de Rome, c'est-à-dire après la guerre de Macédoine ; et les Romains ont été plus de 580 ans sans avoir de boulangers publics.
Les boulangers ne tardèrent pas à passer de l'Italie dans les Gaules ; mais ils parvinrent plus tard dans les pays septentrionaux. Le célèbre Borrichius, dit qu'en Suède et en Norvège les femmes pétrissaient elles-mêmes le pain, vers le milieu du XIVe siècle. La France eut, dès la naissance de la monarchie, des boulangers, des moulins à bras ou à eau, et des marchands de farine appelés, ainsi que chez les Romains, pistores, ou en français pestores, puis panetiers, talmeliers et boulangers. Le nom de talmeliers est corrompu de tamisiers.


Les boulangers de ville et boulangers de faubourg

Les fours banaux subsistaient encore à Paris avant le règne de Philippe-Auguste. Les boulangers de la ville fournissaient seuls Paris ; mais l'accroissement de la ville apporta quelques changements, et bientôt il y eut boulangers de ville et boulangers de faubourg. Ce fut sous saint Louis que ce corps reçut ses premiers règlements.

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