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L'origine de Boulevard



L'étymologie du mot Boulevard

Ménage dit que ce mot vient de l'allemand bolwerk, qui signifie ouvrage de poutres. Ducange le dérive de burgwardus, composé de burg et de ward, mots teutons, dont le premier signifie bourg ou village, et le second garde. « Boulevard ou boulevart, dit Roubaud, italien balvardo, espagnol bolvarte, allemand boulewart, anglais bulwark, paraît composé du celte bal, qui signifie élévation, grandeur, force, puissance, et de ward, garde, mot également celte ou teuton, littéralement conservé dans l'anglais et l'allemand. Cette étymologie paraît infiniment plus naturelle et plus vraisemblable que celle de boule sur le vard, et autres semblablas. »


La construction des premiers boulevards parisiens

C'est à Jean du Bellay, cardinal, archevêque de Paris, et en même temps lieutenant-général, que Paris doit ses boulevards. Ils furent commencés en 1536, dans le temps que les Anglais ravageaient la Picardie, et menaçaient la capitale. Le cardinal du Bellay, lieutenant général, instruit, dit Hurtaut (Dictionnaire historique de la ville de Paris), que les ennemis approchaient de cette ville, outre plusieurs tranchées, fit tracer des fossés et des boulevards depuis la porte Saint-Antoine jusqu'à celle Saint-Honoré.
L'on ne commença à les planter d'arbres qu'en 1668, et l'on n'acheva qu'en 1705.


Des fortifications aux promenades

Dans plusieurs villes, et notamment à Paris, les boulevards ou fortifications qui les défendaient ayant été détruites, et le terrain converti en promenades, ces promenades ont conservé le nom de boulevard. Ce nom s'est même étendu à d'autres lieux plantés d'arbres, à l'imitation des promenades faites sur l'emplacement où il y avait eu précédemment des bastions, des courtines et autres ouvrages destinés à la défense des places, en un mot des boulevards.

Un poète a fait sur les boulevards de Paris, les vers suivants :
Que j'aime à contempler, sur ces remparts charmants,
Le caprice du jour et les hommes du temps !
J'y vois, au fond d'un char, la stupide opulence
A peine d'un regard honorer l'indigence ;
J'y vois le financier trancher du monseigneur.
La coquette aux yeux faux, la prude au ris moqueur ;
Sur un coursier fougueux paraît l'étourderie ;
Tout auprès marche à pied le sage qu'on oublie.
Ces différents objets dissipent mon ennui, etc.

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