Accueil > Les origines commençant par B > L'origine de brodequin

L'origine de Brodequin


Sorte de chaussure en usage parmi les anciens, qui couvrait le pied et la moitié de la jambe, et qu'on pourrait comparer, pour la forme, aux bottines des hussards ou des heiduques, quoiqu'elle en différât pour la matière ; car si le calceus, ou la partie inférieure du brodequin, était de cuir ou de bois, la partie supérieure, ou le caliga, était d'une étoffe souvent précieuse tels étaient surtout ceux dont se servaient les princes, et les acteurs dans la tragédie.


Une invention d'Eschyle

On attribue l'invention du brodequin à Eschyle, qui, dit-on, l'introduisit sur le théâtre pour donner plus de majesté à ses acteurs. Au reste le brodequin n'était pas tellement affecté au théâtre que les personnes d'une autre condition ne s'en servissent. Les jeunes filles en portaient pour se donner une taille plus avantageuse ; les voyageurs et les chasseurs pour se garantir des boues.
Nous voyons dans nos anciens auteurs, que cette chaussure était en usage chez nos pères ; mais la forme et la matière de leurs brodequins différaient de celles des brodequins que nous portons aujourd'hui.


La botte fauve

« Le brodequin ou la botte fauve, comme on parlait plus communément, était une ancienne chaussure qui, pour être particulière aux amoureux du temps jadis, n'en était ni plus belle ni plus galante, quoique Marot, dans sa note marginale sur ces vers d'une ballade de Villon (dans la dernière ballade de son grand testament), avertisse que c'était la belle chaussure d'alors. On appelait aussi houseaux sans avant pied (Villon dans le dix-septième huitain de son petit testament) une espèce particulière de ces brodequins, qui, en général, selon Marot, était une sorte de chausses semelées, dont la tige était d'une peau qui se retournait aussi facilement que le cuir d'un gant.


L'étymologie de Brodequin

A l'égard du mot brodequin, de plusieurs opinions qu'il y a touchant son étymologie, Ménage, qui ne sait à laquelle se déterminer, en propose une qui pourrait bien être la vraie : c'est celle de Caseneuve, qui prétend que le brodequin a été ainsi nommé d'une sorte de cuir appelé brodequin, dans le IVe volume de Froissart. Ce cuir était vraisemblablement le cuir de roussi, appelé de la sorte de la Russie, où on le prépare, et d'où la mode, tant du cuir que des brodequins, a passé jusqu'en Pologne, où autrefois, et par imitation en France, on en faisait de bécus ou à avant-pied, que nous appelâmes souliers à poulaine ; aussi voyons-nous qu'anciennement on disait brosequin... Russus, russicus, russichinus, rossechinus, rosechinus, brosechinus, brodechinus, brodequin.
Il semble pourtant bien autant, de vraisemblance à croire que brosequin a été dit, par transposition de lettres, pour borsequin : l'espagnol borzegui et l'italien borzacchino persuadent, mots qui descendent de bursa, du cuir.

Autres origines :