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L'origine de Café



L'étymologie de Café

M. Roquefort croit que nous sommes redevables de ce mot aux Arabes, et le P. Bouhours, que le mot, avec le grain qui porte ce nom, nous est venu de Turquie ; ce dernier sentiment est celui des auteurs de l'Encyclopédie. « Les mots café en français et coffee en anglais et en hollandais tirent l'un et l'autre leur origine de cahué, nom que les Turcs donnent à la boisson qu'on prépare de cette plante. »


La découverte des propriétés du café

Les propriétés du café, selon les Mémoires de l'académie des sciences, furent découvertes par le prieur d'un monastère de religieux, dans cette partie de l'Arabie où croît l'arbuste qui porte ce fruit. Le prieur ayant remarqué que les chèvres qui en mangeaient étaient extrêmement vives, résolut de s'en servir pour réveiller ses moines, à qui il arrivait souvent de dormir à matines ; et c'est de là, dit-on, qu'est venu l'usage du café, usage aujourd'hui universel.

Addalcader et M. Galand, d'après lui, rapportent une autre origine de l'usage du café, prise de Sehehabeddin. Il dit qu'au milieu du IXe siècle de l'hégire, ou du XVe de l'ère chrétienne, un certain Gemaleddin, qui demeurait à Aden, ville et port fameux à l'0rient de l'embouchure de la mer Rouge, faisant un voyage en Perse, y trouva des gens de son pays qui prenaient du café, et qui vantaient cette boisson. De retour à Aden, il eut quelque indisposition, dont il se persuada qu'il serait soulagé s'il prenait du café. Il en prit, et s'en trouva bien.
Gemaleddin était mufti d'Aden, et avait accoutumé de passer les nuits en prière avec les dervis ; pour y vaquer avec plus de liberté d'esprit, il leur proposa de prendre du café : leur exemple mit le café en vogue à Aden. Les gens de loi pour étudier, les artisans pour travailler, les voyageurs pour marcher la nuit, enfin tous les habitants d'Aden en prirent. De là il passa à la Mecque, où les dévots d'abord, puis tout le monde en prit. De l'Arabie heureuse, il fut porté en Egypte et au Caire ; d'Égypte, il passa en Syrie, et de là enfin à Constantinople.


L'introduction du café en France

Le café le plus estimé est celui qu'on recueille dans le royaume d'Yémen en Arabie : on le transporte à Moka, dont on lui donne le nom fort improprement.
L'Europe, dit M. de Jussieu, a l'obligation de la culture de cet arbre aux soins des Hollandais, qui de Moka l'ont porté à Batavia, et de Batavia au jardin d'Amsterdam.
La France en est redevable au zèle de M. Ressons, lieutenant-général de l'artillerie, et amateur de botanique, qui se priva, en faveur du jardin du roi, d'un jeune pied de cet arbre qu'il avait fait venir de Hollande. Il est maintenant assez commun, ajoute M. de Jussieu dans le mémoire que nous citons, mémoire inséré dans le Recueil de l'académie des sciences, année 1713, et on lui voit donner successivement des fleurs et des fruits.
D'autres attribuent au célèbre voyageur Thévenot l'introduction du café à Paris.


L'introduction du café en Amérique

Le café n'est pas une plante indigène du Nouveau-Monde, quoiqu'elle y soit aujourd'hui très commune. Les immenses plantations de caféiers qui enrichissent l'Amérique viennent toutes, dans l'origine, de deux pieds que fournit le jardin des plantes de Paris. Il ne faut pas oublier, dit M. Castel, que c'est M. Declieux qui porta ce trésor aux Antilles, et que, l'eau étant devenue rare sur le vaisseau, il partagea chaque jour avec ses arbustes la faible ration qu'on lui donnait.


La découverte du café comme boisson

Quant à la boisson que sa graine fournit, elle n'a été connue en Europe que dans le courant du XVIe siècle. Le café y parut presqu'en même temps que le tabac, et y fut d'abord assez mal accueilli : grand nombre de médecins prétendaient que c'était un poison. Tout le monde connaît la réponse que fit Fontenelle à un médecin qui lui disait que le café était un poison lent : « Docteur, repartit l'académicien, je le crois comme vous, et il y a quatre-vingts ans que je m'en aperçois. »
En 1669, le grand-seigneur envoya à Louis XIV l'ambassadeur Soliman-Aga. Il plut aux Parisiens par plusieurs traits d'esprit et de galanterie dont on ne croyait pas qu'un Turc fût susceptible. On goûta surtout la liqueur du café, qu'il introduisit dans la bonne compagnie, et qu'il distribua aux dames, selon l'usage de sa nation. Quoique la couleur en fût noire, le goût âpre et amer, la singularité et la nouveauté le firent réussir. Après le départ de Soliman-Aga, on chercha à se procurer du café, et à le prendre à la turque. On imita les cabarets vernis ; on se procura des tasses de porcelaine et des serviettes de mousseline à franges d'or, avec lesquelles les Turcs servaient le café.


Les premiers cafés publics

En 1672, quelques Arméniens établirent un café public à la foire Saint-Germain, et, hors le temps de la foire, dans la rue de Bussy, qui n'en était pas éloignée. Quelque temps après, deux garçons de ces Arméniens, Grégoire et Procope, passèrent dans la rue des Fossés-Saint-Germain, vis-à-vis la comédie française. Cinquante ans après, on voyait encore les boutiques des enfants de ceux-ci très fréquentées.
Avant la fin du siècle, ou a vu s'ouvrir ceux du bas du pont Saint-Michel et de la place de l'Ecole : le premier fréquenté par les militaires et les recruteurs ; le second, par les beaux-esprits.
Enfin, vers 1718, le café de la Régence ; sur la place du Palais-Royal, et celui de Foix, dans le jardin de ce palais, ont été les plus célèbres et les meilleurs de Paris. Depuis l'usage de cette boisson a continué d'être général en France. Il s'est étendu dans toutes nos provinces, et de là par toute l'Allemagne et dans le Nord. L'établissement des cafés a fait tomber celui des cabarets, où les honnêtes gens ne rougissaient pas auparavant d'aller s'enivrer l'après-dînée.


Un chant en son honneur

Si cette liqueur a eu ses antagonistes, elle a eu aussi ses prôneurs ; et les habitants du Parnasse, dont elle a souvent excité la verve, n'ont point été ingrats, et ont plus d'une fois chanté ses louanges.

C'est toi divin café dont l'aimable liqueur,
Sans altérer la tête, épanouit le cœur ;
Aussi quand mon palais est émoussé par l'âge,
Avec plaisir encore je goûte ton breuvage.
Que j'aime à préparer ton nectar précieux !
Nul n'usurpe chez moi ce soin délicieux.
Sur le réchaud brûlant, moi seul tournant ta graine,
A l'or de ta couleur fais succéder l'ébène ;
Moi seul, contre la noix qu'arment ses dents de fer,
Je fais, en le broyant, crier ton fruit amer ;
Charme de ton parfum, c'est moi seul qui dans l'onde
Infuse à mon foyer ta poussière féconde,
Qui tour à tour calmant, excitant tes bouillons,
Suis d'un œil attentif tes légers tourbillons,
Enfin, de la liqueur lentement reposée,
Dans le vase fumant la lie est déposée.

A peine j'ai senti la vapeur odorante,
Soudain de ton climat la chaleur pénétrante
Réveille tous mes sens : sans trouble, sans chaos,
Mes pensées plus nombreuses accourent à grands flots.
Mon idée était triste, aride, dépouillée ;
Elle rit, elle sort richement habillée ;
Et le crois, du génie éprouvant le réveil,
Boire dans chaque goutte un rayon du soleil.

(Delille, Les trois règnes de la Nature)


La conserve de café moka

En 1808, M. Bourgogne, pharmacien à Paris, a inventé une préparation au moyen de laquelle il amène le café à l'état de conserve, c'est-à-dire qu'il est parvenu à obtenir du café liquide une concentration telle qu'il représente vingt fois son volume sans altérer ses principes, et en conservant son arôme. M. Bourgogne nomme cette préparation conserve de café moka. Comme cette préparation ne garde aucun arrière-goût de marc, elle exige un tiers de sucre de moins que le café préparé par ébullition.

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