Accueil > Les origines commençant par C > L'origine de calligraphie

L'origine de Calligraphie


Avant la découverte de l'imprimerie, l'art du peintre embellissait les copies faites à la main, comme celui du dessin et de la gravure embellit aujourd'hui les ouvrages qui sortent de nos presses, et l'art d'orner ainsi les manuscrits s'appelait calligraphie. On se bornait quelquefois à enluminer les lettres, à varier leurs couleurs, à faire serpenter autour des marges des guirlandes de fleurs diversement entrelacées.


Plus que de simples ornements

Cet art avait quelquefois un objet plus utile, et alors il prenait plus d'étendue, il exigeait plus de talent : si le manuscrit, par exemple, était une histoire qui décrivait les costumes et les arts d'un siècle, les animaux peu connus d'une contrée ignorée, le peintre en miniature venait au secours de l'historien. Son pinceau mettait sous les yeux du lecteur les costumes, les inventions des arts, les animaux curieux que la plume de l'écrivain ne pouvait peindre qu'à l'imagination. Il est arrivé de là que c'est peut-être dans la calligraphie que l'on trouve l'histoire la plus fidèle de la peinture, de l'architecture, des usages, des habillements civils, militaires, ecclésiastiques ; des modes, des meubles, des ustensiles, des instruments de guerre des siècles qui ont précédé la découverte de l'imprimerie.


Les portraits des héros

Cet art était connu des anciens, et il avait reçu chez eux la perfection qu'ils avaient donnée à tous les arts du dessin. Pomponius Atticus, l'ami de Cicéron et de Brutus, avait écrit en vers la vie des plus grands personnages de Rome, et chaque vie était précédée du portrait du héros dont elle faisait l'histoire. Varron avait écrit aussi les vies de 700 personnages, toutes enrichies de leurs portraits ; mais malheureusement ces deux manuscrits de Varron et d'Atticus ont dû périr dans les ruines de l'empire romain ; et c'est une perte irréparable pour l'histoire ancienne, pour la peinture et pour la calligraphie.
Du siècle de ces deux hommes célèbres, il faut descendre au IVe siècle de l'ère chrétienne pour trouver quelques monuments de la calligraphie ancienne. Cet art trouve alors dans l'empire romain une nouvelle religion et de nouvelles vertus, des saints à la place des grands hommes. Elle consacre leurs traits dans le calendrier romain, et orne de peintures une traduction grecque de la Genèse. Les débris du siècle suivant nous présentent des lambeaux d'un Virgile et d'un Térence embellis de semblables ornements.


La calligraphie au fil des siècles

Cet art conserve encore quelque goût et quelque beauté depuis le VIe jusqu'au Xe siècle; mais depuis le Xe jusqu'au XIVe, les manuscrits sont défigurés plutôt qu'embellis par la peinture. Cet art était alors dans la barbarie, comme tous les autres arts. A cette dernière époque, il commence à renaître avec le goût des lettres et des connaissances. Dès qu'il existe des manuscrits qui méritent d'être lus, la peinture les orne de ses formes et de ses couleurs. La calligraphie fit même de grands progrès jusqu'à l'époque de la découverte de l'imprimerie qui devait la faire tomber, mais à laquelle elle s'associa pendant quelque temps.
Nous renverrons les lecteurs curieux à l'ouvrage rare et précieux que M. l'abbé Rive a publié en 1782. C'est un volume in folio, orné de 26 planches, et qui a pour titre : Essai sur l'art de vérifier les miniatures peintes dans des manuscrits depuis le quatorzième jusqu'au dix-septième siècle inclusivement, de comparer leurs différents styles et degrés de beautés, et de déterminer une partie de la valeur des manuscrits qu'elles enrichissent.

Autres origines :