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L'origine de Calotte



Les premières calottes

Il paraît que les calottes sont d'un usage fort ancien. Martial parle sans doute d'une calotte de cuir, lorsqu'il dit à un de ses amis qu'il lui envoie une peau qui pourra lui servir à cacher ses cheveux, quand ils seront mouillés, de peur que la pommade dont il les a frottés ne les salisse. Saint Jérôme parle d'une calotte que Paulin lui avait envoyée.
Avant l'an 1377, il y avait des ecclésiastiques qui portaient des calottes à l'office, puisque les statuts synodaux de Poitiers de ce temps-là leur défendent de le faire ; cependant ils n'ont commencé, surtout en Italie, d'en porter communément que vers la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe.
Le cardinal de Richelieu est le premier qui en ait porté en France, peut-être même est-ce lui qui en a introduit la mode dans ce pays.


Calotte, calotin, calotine

Au propre, calotte est une petite toque, un petit bonnet qui ne couvre que le haut de la tête. On a appelé au figuré calotte, brevet de la calotte, calotine, ces pièces de vers satiriques et burlesques par lesquelles on tournait les gens en ridicule. C'est en ce sens que Voltaire a dit dans sa 87e lettre (année 1746) : « Que dites-vous d'une infâme calotte qu'on a faite contre M. et mad. de la Popelinière, pour prix des fêtes qu'ils nous ont données ? »


Le régiment de la calotte

Au commencement du dix-huitième siècle, quelques beaux esprits de la cour de Louis XIV formèrent une société qui se nomma le régiment de la calotte. Leur but était de corriger les mœurs, et de réformer, en employant l'arme du ridicule, les travers soit dans la conduite, soit dans le langage ou dans le style.
M. de Torsac, exempt des gardes-du-corps, M. Aimon, porte-manteau du roi, et divers autres officiers, ayant fait un jour mille plaisanteries sur un mal de tête dont l'un d'entre eux souffrait extrêmement, proposèrent une calotte de plomb au malade. La conversation s'étant échauffée , ils s'avisèrent de créer un régiment composé uniquement de personnes distinguées par l'extravagance de leurs discours ou de leurs actions. Ils le nommèrent le régiment de la calotte ; et d'un consentement unanime, le sieur Aimon en fut aussitôt élu général. Cette burlesque saillie fut poussée si loin, que l'on fit faire des étendards et frapper des médailles sur cette institution, et il se trouva de beaux esprits qui mirent en vers les brevets que le régiment distribuait à tous ceux qui avaient fait quelque sottise éclatante.

« Donner la calotte, ou un brevet de la calotte, c'était, dit Féraud, déclarer un homme fort extravagant. — De là calotin, homme extravagant ou noté et décrié ; et calotine, pièce de vers mordante et satirique. »
Voltaire est appelé, dans l'Antimondain, cher calotin de la première classe.

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