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L'origine de Caractères d'imprimerie



Une découverte allemande

L'art de fondre ces caractères à l'aide de poinçons a été découvert en Allemagne, vers l'an 1440. L'utilité générale qu'on lui trouva en rendit les succès très rapides. Plusieurs personnes s'occupèrent en même temps de sa perfection ; les uns s'unissant d'intérêt avec l'inventeur, d'autres volant, à ce qu'on prétend, une partie du secret pour faire société à part, et enrichir l'art naissant de leur propre expérience : de manière qu'on ne sait pas au juste qui est le véritable auteur de l'art admirable de la gravure des poinçons et de la fonderie des caractères, plusieurs personnes y ayant coopéré presque en même temps. Cependant on en attribue plus communément l'honneur à Jean Gutenberg, gentilhomme allemand.

Pasquier dit qu'il a vu un livre des Offices de Cicéron, imprimé en 1466, par Jean Fust, bourgeois de Mayence, sous la direction de Jean Gutenberg. Selon M. Derham, on voit encore à Harlem un ou deux livres imprimés par Laurent Coster plus anciennement que tous les autres, savoir dès les années 1430 et 1432.


L'invention des caractères de métal

Pierre Schoëffer, gendre de Fust, inventa des caractères de métal, au lieu qu'auparavant ils étaient faits de bois. On gravait le discours sur une planche dont une seule pièce faisait une page ou une feuille entière ; l'embarras de ces planches lui inspira le dessein de rendre les caractères mobiles, et d'avoir autant de pièces séparées qu'il y avait de figures distinctes dans l'écriture. Cet art s'introduisit à Paris sous le règne de Louis XI. Deux Allemands, nommés les Ulrics, imprimèrent, vers l'an 1470, un livre qu'ils dédièrent au roi. Ce livre était intitulé Speculum vitæ humanæ, etc.
Vers la fin du XVe siècle, on faisait de très beaux caractères romains ; et la réputation que Simon de Colines, né dans le village de Gentilly, près Paris, s'acquérait dans cette partie, Alde Manuce la méritait à Venise.


L'invention des caractères italiques et majuscules

Robert Granjean se distinguait, en 1570, dans les caractères italiques, qui furent longtemps estimés. On s'en dégoûta au commencement du XVIIIe siècle, et les caractères des sieurs Paujeon et Alexandre furent préférés à juste titre, quoiqu'ils ne soient pas comparables à ceux que M. Fournier le jeune fit paraître en 1742, et qui approchent de notre manière d'écrire, par la figure, les pleins et les déliés qu'il a su leur donner. Cet habile artiste ayant remarqué que l'imprimerie manquait de grandes lettres majuscules pour les placards, affiches et frontispices, en a gravé de quinze lignes géométriques de haut, et par conséquent une fois plus grandes que celles dont on usait auparavant ; il a exécuté des caractères italiques de la même grandeur.


L'art de graver et de fondre les caractères

M. Firmin Didot a porté les caractères d'écriture au plus haut point de perfection. L'art de graver et de fondre les caractères est parvenu, au XIXe siècle, à un degré élevé de perfection. Citer les Pierre et Firmin Didot, les Pinard, les Molé, et quelques autres artistes, c'est rappeler ce que l'art du typographe doit à la France, et sa supériorité en ce genre.
M. Henri Didot trouva le moyen de fondre simultanément et d'un seul jet 100 à 140 caractères d'imprimerie qui ont le mérite d'être très corrects sur toutes les faces et sur tous les angles, et d'être exactement calibrés dans toutes les dimensions.

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