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L'origine de Carrosse



Une origine indéterminée

L'usage et le nom des carrosses n'est pas fort ancien en France ; dans l'origine ils étaient nommés coches, du nom d'une ville de Hongrie où l'on prétend que les premiers ont été fabriqués, ou plutôt de l'ancien mot allemand gutsche, qui signifiait lit de repos.
« Je ne sais, dit Ménage, si nous avons pris ce nom de l'italien carrocio, qui signifie un chariot à quatre roues, sur lequel les Italiens portaient anciennement leurs étendards à la guerre : ou bien si nous l'avons formé immédiatement du latin carruca, qui était un chariot servant à porter les hommes. » Carrosse était autrefois du genre féminin ; on lit dans le poète Théophile : Du bruit de sa carrosse importunant le Louvre.

Parmi les présents que ambassadeur de l'empereur Ladislas V, roi de Hongrie et de Bohème, offrit, en 1457, à la reine de France, se trouvait un char qui attirait l'admiration de tout Paris. Un ancien auteur, qui en parle, dit qu'il était branlant et moult riche, d'où l'on pourrait conclure que cette voiture était déjà suspendue à des soupentes.


Un usage retardé

Le système féodal retarda pendant longtemps l'usage des carrosses : les seigneurs des fiefs étaient trop intéressés à ce que leurs vassaux fussent toujours prêts à les servir à cheval, pour ne pas s'opposer à l'introduction de ces voitures.
Jules de Brunswick défendit, en 1588 , à tous les gentilshommes ses vassaux de se servir de carrosses. « C'est avec bien de la douleur et du chagrin, leur dit-il, que nous nous sommes aperçus depuis quelque temps que l'usage louable, mâle et courageux de monter à cheval, armé de toutes pièces, s'est non seulement affaibli, mais même entièrement perdu dans nos principautés, comtés et seigneuries. Il faut en chercher la cause dans l'habitude qu'ont prise nos vassaux, serviteurs et parents, jeunes et vieux sans distinction, de fainéanter et de se faire traîner en carrosses. »


La coutume de monter à cheval ou à mulet

A l'époque où fut composé le fameux roman de Lancelot, maîtres et valets , hommes et femmes, ecclésiastiques et laïques, montaient à cheval ou sur des mulets, et les femmes, ainsi que les moines, préféraient la monture des ânesses, comme étant la plus commode. Le ministre se rendait à la cour à cheval, et cet animal retournait sans conducteur à l'écurie ; un palefrenier le ramenait à la cour pour reprendre son maître ; les magistrats se rendaient au palais, montés sur des mules. On voyait devant tous les palais, hôtels-de-ville et édifices publics des marchepieds ou montoirs, comme on parlait alors, pour aider aux cavaliers à monter à cheval. Il n'était pas rare de voir des personnes de la plus grande distinction assises derrière leurs écuyers, et un palefrenier conduisait la haquenée.
En 1534, la reine Éléonore et les princesses assistèrent, à Paris, à une cérémonie religieuse, montées sur des haquenées blanches. Henri IV avait coutume de monter à cheval, et quand il craignait la pluie, il portait derrière lui un large manteau. Dans le cérémonial papal il n'est fait mention ni du carrosse ni du cocher de sa sainteté, mais du cheval et du mulet du pape. Le cheval doit être blanc, doux et paisible ; on doit présenter au pape une escabelle à trois marches pour y monter.


Un usage de plus en plus répandu

L'infante d'Espagne, Marie, avait, en 1631, un carrosse de verre, dans lequel deux personnes seules avaient place. Quelque admiration que produisit cette voiture, on sent bien qu'elle ne saurait être comparée pour l'élégance aux carrosses que l'on construisait à Paris au XIXe siècle.
Du temps de François Ier, on n'en comptait que trois dans cette capitale : l'un appartenait à la reine, le second à la belle Diane de Poitiers, et le troisième à René de Laval, que sa grosseur monstrueuse empêchait de marcher et de monter à cheval. Ces carrosses ou coches étaient faits comme autrefois ceux des messageries, avec de grandes portières de cuir qu'on abaissait pour y rentrer. On n'y mettait que des rideaux. S'il y avait eu des glaces au carrosse de Henri IV, peut-être n'aurait-il pas été assassiné. L'usage des glaces aux carrosses nous est venu d'Italie ; c'est Bassompierre qui, sous Louis XIII, en fit mettre le premier à son carrosse.
Vers le milieu du XVIIe siècle, on ne comptait dans Paris que trois ou quatre cents carrosses ; il s'y en trouvait au XIXe plus de vingt mille, non compris ceux de remise et les fiacres.
L'usage des carrosses de remise ne fut établi qu'en 1650, et celui des fiacres en 1657.

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