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L'origine de Castration



Un usage très ancien

On ignore dans quels climats et dans quels siècles a pris naissance l'art inhumain de mutiler des hommes, pour leur confier la garde des femmes.
« Je ne vois, dit Goguet, nul fondement au récit d'Ammien Marcellin, qui attribue cette invention à Sémiramis. Je pense bien que l'usage des eunuques est dû aux pays chauds ; mais la jalousie a pu seule suggérer ces expédients barbares pour s'assurer de la chasteté des femmes. Comme cette passion est le caractère dominant des Orientaux, je ne doute pas qu'il n'y ait eu des eunuques fort anciennement chez ces peuples ; mais on ne peut déterminer si c'est dans l'Asie ou dans l'Egypte que l'usage en a été introduit d'abord, moins encore dans quel siècle : je vois seulement qu'il y a eu des eunuques en Egypte dès les temps les plus reculés. Moïse ne veut pas qu'un eunuque puisse entrer dans l'assemblée du Seigneur ; il y en avait donc avant le temps de ce législateur. »
En effet Manéthon dit que le père de Sésostris fut assassiné par les eunuques : ce fut à une époque qui précède de près de 200 ans le siècle de Moïse. Nous voyons d'ailleurs que l'usage de châtrer les animaux devait être très ancien en Égypte. L'un aura été probablement une suite de l'autre.


La castration dans la Grèce antique

La castration paraît avoir passé de très bonne heure de l'Egypte en Grèce, mais elle y fut peu en usage.
Les Lydiens ont été les premiers qui aient cherché à dénaturer le sexe des femmes. On attribue cette découverte à Andramiris, roi de Lydie. Ce prince fut le quatrième roi qui avait régné sur ce peuple avant Omphale. Il avait recours à cette castration pour se servir d'eunuques femelles au lieu d'eunuques mâles.


Une pratique courante en Asie et en Italie

La castration se pratiquait communément en Asie, spécialement chez les Turcs, qui mutilaient tous ceux de leurs esclaves qu'ils employaient à la garde de leurs femmes, et à qui ils retranchaient souvent avec une impitoyable cruauté les signes distinctifs du sexe auquel ils appartenaient.
La castration avait aussi lieu en Italie, il y a quelques siècles ; on faisait subir cette cruelle opération aux musiciens dont on voulait conserver la voix. Les eunuques n'ont point de barbe, leur voix quoique forte n'est jamais grave : êtres dégénérés, ils n'ont d'homme que le nom.
Malgré les peines sévères, et même l'excommunication dont le pape Clément XIV menaça les auteurs ou fauteurs de la castration, il paraît qu'elle ne fut pas abolie dans toute l'Italie, puisqu'en 1789 on voyait encore dans les rues de Naples des enseignes portant ces mots : Ici on châtre proprement et à bon marché.


La castration des animaux

L'histoire ne jette aucun jour sur l'époque à laquelle on pratiqua, en France, pour la première fois, la castration des animaux. Celle des juments fut prohibée par nos règlements sur les haras. Un usage du XVIe siècle, qui paraît s'être perdu, est celui de faire subir cette opération aux lapins : on les lâchait ensuite dans la garenne, où leur chair devenait plus tendre et plus délicate.
Quoique l'art de châtrer les poissons, pour les rendre plus gros et plus gras, ait été fort connu des cuisiniers romains, ce n'est que depuis le XVIIIe siècle, qu'un Anglais, nommé Tull, a réussi à faire subir à ces animaux cette périlleuse opération.

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