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L'origine de Chambre



La chambre ardente

Ce nom fut donné au lieu où l'on jugeait anciennement les criminels d'état d'une grande naissance. Cette chambre fut ainsi appelée, parce qu'étant toute tendue de deuil et uniquement éclairée par des flambeaux, l'obscurité des tentures augmentait l'éclat des lumières.
Le nom de chambre ardente fut ensuite donné à une chambre spéciale établie par François II dans chaque parlement pour faire le procès aux luthériens et aux calvinistes. « Le jeune roi, dit Mézeray (Vie de François II), était persuadé que c'était exécuter le testament de son père, que d'extirper tous ceux qui choquaient la croyance catholique ; il créa, pour cet effet, dans chaque parlement une chambre qui ne connaissait que de ces cas-là. On les nomma chambres ardentes, parce qu'en effet elles brûlaient sans miséricorde tous ceux qui s'en trouvaient convaincus, et il n'en fallait point d'autre preuve que de les avoir trouvés dans quelque assemblée nocturne ou clandestine. »
On donna aussi le nom de chambre ardente à une chambre de justice qui fut établie, en 1679, pour juger ceux qui, par suite de l'affaire de la marquise de Brinvilliers, étaient accusés d'avoir fait ou d'avoir administré du poison.


La chambre des comptes

La chambre des comptes de Paris est la plus ancienne de toutes ; mais on ne sait pas précisément le temps où elle a été créée. Elle fut d'abord composée d'un petit nombre d'officiers qui employaient des clercs, soit à corriger et à recevoir les comptes, soit à en rédiger les jugements : c'est d'eux que les correcteurs et les auditeurs tirent leur origine. Cette cour était ambulante ; Philippe V la rendit sédentaire au mois de janvier 1319.


La chambre obscure

C'est une chambre fermée avec soin de toutes parts, et dans laquelle les rayons des objets extérieurs étant reçus à travers un verre convexe les objets sont représentés distinctement, et avec leurs couleurs naturelles, sur une surface blanche placée en dedans de la chambre, au foyer du verre. Le tableau que nous offre la chambre obscure différencie les figures qui sont plus près ou plus loin du spectateur. Non seulement la grandeur des objets y diminue à mesure qu'ils s'éloignent de l'œil, mais aussi leurs couleurs et leur lumière s'affaiblissent, et leurs parties se confondent. Plus l'éloignement est considérable, moins les objets sont colorés, moins on distingue leurs contours, et le jour étant plus faible ou plus éloigné, les ombres sont moins fortes. Au contraire, lorsque les objets sont plus près de l'œil et plus grands, les contours sont plus précis, les ombres plus vives, et les couleurs plus éclatantes.
C'est à Jean-Baptiste Porta que l'on est redevable de la découverte de ce phénomène d'optique. Ce physicien du XVIe siècle remarqua que les objets du dehors se dessinaient comme des ombres sur la muraille et au plancher de sa chambre ; surpris de cet effet singulier, Porta s'avisa de mettre au trou de sa fenêtre un verre lenticulaire : telle a été l'origine de la chambre obscure. Depuis ce temps on a imaginé des chambres obscures portatives. Pour y parvenir, on a construit des caisses, des boîtes, des tables, des pavillons, dont on a varié la forme, la grandeur et la disposition.
Érasme Reinhold, natif de Salfeld en Thuringe, est le premier qui se soit servi en Allemagne, en 1540, de la chambre obscure pour la projection des éclipses.

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