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L'origine de Chasse



Depuis la nuit des temps

La chasse est un exercice auquel les hommes se sont toujours livrés avec passion. L'Écriture s'accorde avec la fable pour nous représenter, dès les temps les plus reculés, les hommes faisant la guerre aux animaux pour se couvrir de leurs peaux et se nourrir de leurs chairs. Nemrod, petit-fils de Noé, était un grand chasseur. Ismaël, fils d'Abraham et d'Agar, se distingua dans cet exercice, et David faisait la guerre aux animaux qui attaquaient les troupeaux de son père.
Diane était la patronne ou la déesse des chasseurs. Chiron, qui eut pour élèves la plupart des héros de l'antiquité, fut instruit dans l'art de la vénerie par Diane et par Apollon?. On attribue à Pollux la gloire d'avoir le premier dressé des chiens à la chasse, et personne ne dispute à Castor celle d'avoir dressé les chevaux à la course du cerf. Les Babyloniens et les Mèdes passent pour avoir beaucoup aimé la chasse ces derniers avaient de grands parcs dans lesquels ils tenaient renfermés des lions, des sangliers, des léopards et des cerfs.
Les Grecs, dès les temps héroïques, étaient passionnés pour la chasse. On lit dans Homère qu'Ulysse fut blessé à la cuisse par un sanglier, et qu'il en porta la marque toute sa vie. Les Grecs étaient fort jaloux d'avoir des chiens bien dressés ; ils leur donnaient différents noms, et les distinguaient selon les pays d'où ils venaient. La chasse aux oiseaux avec l'épervier ou le faucon ne leur était pas inconnue.


Dans la Rome antique

Les Romains regardèrent toujours la chasse comme un exercice honnête. Paul-Émile fit présent à Scipion d'un équipage de chasse semblable à ceux des rois de Macédoine ; et le jeune héros, après la défaite de Persée, chassa pendant tout le temps que les troupes restèrent dans le royaume de ce prince. Pompée, vainqueur des Africains, se livra chez ce peuple aux plaisirs de la vénerie. Les Romains allaient à la chasse dans les forêts, à la campagne, et, dans les derniers temps de la république, dans des parcs où l'on tenait renfermées des bêtes de toute espèce. La chasse aux chiens leur paraissait la plus noble, ce qui n'empêchait pas qu'ils ne fissent, au rapport de Pline, la chasse aux oiseaux avec le faucon et l'épervier.


La chasse en France

En France, dans le commencement de la monarchie, la chasse était libre de même que chez les Romains.
La loi salique contenait bien plusieurs règlements pour la chasse ; mais on ne trouve aucune loi qui en restreignît la liberté naturelle. La loi salique semble plutôt supposer qu'elle était encore permise à toutes sortes de personnes indistinctement.
On ne voit pas précisément en quel temps la liberté de la chasse commença à être restreinte à certaines personnes et à certaines formes. Il paraît seulement que, dès le commencement de la monarchie, les princes et la noblesse en faisaient leur amusement, lorsqu'ils n'étaient pas occupés à la guerre ; que nos rois donnaient dès lors une attention particulière à la conservation de la chasse ; que, pour cet effet, ils établirent un maître veneur, appelé depuis grand veneur, qui était un des quatre grands officiers de leur maison ; et que, sous ce premier officier, ils établirent des forestiers pour la conservation de leurs forêts, des bêtes fauves et du gibier.


La défense de chasser sur les terres du roi

Dès le temps de la première race, le fait de chasse dans les forêts du roi était un crime capital, témoin ce chambellan que Gontran, roi de Bourgogne, fit lapider pour avoir tué un buffle dans la forêt de Vassac, autrement de Vangenne.
Sous la seconde race, les forêts étaient défensables ; Charlemagne enjoint aux forestiers de les bien garder ; les capitulaires de Charles-le-Chauve désignent les forêts où ses commensaux ni même son fils ne pourraient chasser ; mais ces défenses ne concernaient que les forêts, et non la chasse en général.
Vers la fin du la seconde race et au commencement de la troisième, les gouverneurs des provinces et villes, qui n'étaient que de simples officiers, s'étant attribué la propriété de leur gouvernement à la charge de l'hommage, il y a apparence que ces nouveaux seigneurs et autres auxquels ils sous-inféodèrent quelque portion de leur territoire, continuèrent de tenir les forêts et autres terres de leur seigneurie en défense par rapport à la chasse, comme elles l'étaient lorsqu'elles appartenaient au roi. Il était défendu dès lors, soit
aux nobles, soit aux roturiers, de chasser dans les forêts du roi et sur les terres d'autrui en général ; mais on ne voit pas qu'il fût encore défendu, soit aux nobles, soit aux roturiers, de chasser sur leurs propres terres.


La chasse de saint Hubert

Il est certain que, dès le Xe siècle, on invoquait saint Hubert pour réussir dans l'exercice de la chasse. Il est vraisemblable que ce saint n'est devenu le patron des chasseurs qu'à l'occasion de la saison dans laquelle eut lieu la translation de son corps chez les moines d'Andain, dans la forêt des Ardennes. Elle se fit dans le temps auquel Louis-le-Débonnaire avait coutume de chasser dans ces quartiers-là. La cérémonie de la translation donna naissance au fameux pèlerinage à saint Hubert ; les chasseurs qui accompagnaient le roi y prirent part et communiquèrent ensuite leur dévotion à d'autres chasseurs du royaume. Ce qui contribua le plus aux progrès de cette dévotion, dès qu'elle eut commencé, c'est qu'il s'éleva une opinion que saint Hubert avait été lui-même chasseur avant d'être évêque de Liège.
La dévotion fondée sur ce principe devint si grande de la part des chasseurs, dans toute l'étendue des Ardennes, même avant le XIe siècle, que c'était une coutume universellement reçue chez tous les seigneurs de ce pays d'offrir à saint Hubert les prémices de leur chasse, et de lui faire présent de la dixième partie de tout le gibier qu'ils prenaient chaque année.
Dans les pays plus éloignés, où l'on n'a pu faire de semblables offrandes, les chasseurs se sont contentés de marquer leur dévotion à saint Hubert, en choisissant le jour de sa translation pour l'employer à la chasse. Cette manière de célébrer une fête en l'honneur de ce saint paraît autorisée par l'usage de plusieurs siècles ; et, de tout temps, les chasseurs ont eu soin de faire dire ce jour-là, de grand matin, une messe à laquelle ils ne manquent point d'assister.

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