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L'origine de Chiffre



L'origine du mot Chiffre

Ce mot, selon plusieurs étymologistes, vient de sephira ou siffra, dont la racine est saphar, tirée soit de l'arabe, soit de l'hébreu, où elle signifie compter, nombrer. « L'invention des caractères numériques doit être fort ancienne, dit Goguet (De l'origine des lois, des arts, etc.). En effet, ajoute-t-il, les cailloux, les petites pierres, les grains de blé, etc., étaient bien un secours suffisant pour faire des opérations arithmétiques ; mais ils n'étaient point propres à en conserver le résultat ; le moindre événement suffisait pour déranger des signes aussi mobiles que ceux dont je parle. On était donc exposé à perdre en un moment le fruit d'une longue et pénible application. Il était cependant d'une nécessité absolue, dans plusieurs occasions, de conserver les résultats des opérations arithmétiques.
Il fut par conséquent nécessaire d'inventer de bonne heure des signes qui pussent servir à représenter les faits avec exactitude. On ne peut douter que les Égyptiens n'eussent imaginé des caractères arithmétiques avant le temps où ils ont connu les caractères alphabétiques. On sait, par les témoignages de Diodore, de Strabon et de Tacite, que les souverains qui avaient fait élever des obélisques avaient eu soin d'y faire marquer le poids d'or et d'argent, le nombre d'armes et de chevaux, la quantité d'ivoire, de parfums et de blé que chaque nation soumise à l'Égypte devait payer. Il est donc certain que, parmi les différentes figures qu'on voit sur ces monuments, il y en a quelques unes destinées à exprimer des nombres. »


Les chiffres arabes

L'origine des chiffres numériques appelés communément chiffres arabes, est couverte d'obscurité. Le nom qu'on leur donne dérive de l'opinion généralement reçue qu'ils ont été transportés de l'orient dans notre occident, et que c'est des Sarrasins ou Arabes que l'Europe les a reçus. Le Nouveau traité de diplomatique, publié en français, reconnaît l'incertitude des conjectures faites sur ce sujet. Les uns rapportent l'origine des chiffres aux Grecs, les autres aux Romains, ou aux Celtes, ou aux Scythes, ou aux carthaginois, ou aux Égyptiens. Toutefois le plus grand nombre des modernes attribue aux Indiens l'honneur revendiqué en faveur de tant de peuples.
Le temps, qui altère tout, a apporté quelque différence entre nos propres chiffres et ceux des Arabes nos maîtres, ou entre les chiffres des Indiens et ceux des Arabes leurs disciples, en sorte qu'aujourd'hui la forme ou la place primitive de certains chiffres se trouve changée. Notre zéro, par exemple, vaut cinq chez les Arabes ; et, chez les Indiens, notre neuf vaut sept, et notre huit vaut quatre. Il n'y a pas lieu de s'étonner de ces changements : nous savons combien d'altérations ont subies, en divers temps, les lettres de notre alphabet. Ce qui, par exemple, est un P chez les Latins est un R chez les Grecs ; ou, en d'autres termes, la lettre P des Grecs a le même son et la même valeur que la lettre R chez les Romains. Le C latin est un S chez les Grecs, etc.
Leonardo Fibonacoi, Pisan, qui introduisit en Italie les nombres ou chiffres arabes, en 1202, les appelle non pas chiffres arabes, mais chiffres indiens.
Quelques uns ont déféré à un moine grec, nommé Planudes, l'honnenr de s'être servi le premier de ces chiffres ; d'autres en donnent la gloire à Gerbert d'Aurillac, premier pape français , sous le nom de Sylvestre II. Les Espagnols la revendiquent pour leur roi Alphonse X, à cause des tables astronomiques dites alphansines ; mais les fondements de toutes ces prétentions paraissent très peu solides. Ce qu'il y a de certain, c'est que ces chiffres étaient connus en Europe avant le milieu du XIIIe siècle. D'abord on n'en fit usage que dans les livres de mathématiques, d'astronomie, d'arithmétique et de géométrie ; ensuite on s'en servit pour les chroniques, les calendriers et les dates des manuscrits seulement.
Que ce soit Gerbert ou un autre qui nous ait transmis ces chiffres, il est certain qu'ils n'avaient pas tout-à-fait la forme des chiffres arabes dont nous nous servons aujourd'hui. Quelques auteurs curieux se sont amusés à nous donner l'histoire de ces caractères depuis Gerbert jusqu'à nous, et nous voyons par les anciens manuscrits qu'ils ont beaucoup changé.
Ces chiffres ne parurent sur les monnaies, pour marquer le temps où elles avaient été fabriquées, que depuis l'ordonnance de Henri II, rendue en 1549. Si l'on en croit Lobineau, ce n'est que depuis le règne de Henri III que l'on commença en France à se servir, en écrivant, des chiffres arabes. Les Russes ne s'en servent que depuis le voyage du tsar Pierre-le-Grand. Ils avaient été introduits en Angleterre vers le milieu du XIIIe siècle, en 1233, et portés en Italie vers le même temps. L'Allemagne ne les reçut qu'au commencement du XIVe siècle, vers 1306.


Les chiffres romains

On mit un I pour un, II pour deux, III pour trois, et IIII pour quatre, parce que ces lignes représentent les quatre doigts de la main sur lesquels on a coutume de compter ; et le V, qui vaut cinq, est marqué par le cinquième doigt, ou le pouce, lequel étant ouvert forme un V avec l'index ; et deux V joints par la pointe font un X ; c'est pourquoi l'X vaut dix.
Il y a une autre raison du chiffre où l'on mit un D pour cinq cents, un L pour cinquante, un C pour cent, et un M pour mille. Anciennement on faisait un M comme un I ayant une anse de chaque côté, ce qui avec le temps a été séparé en trois parties, de cette sorte : CIϽ. Ainsi c'est toujours M qui signifie mille, parce que c'est la première lettre du mot latin mille ; et le D, ou IϽ, vaut cinq cents, parce qu'il est la moitié de ce mille ancien. L vaut cinquante, comme moitié du C, qui valait cent, parce que c'est la première lettre de centum. Or les anciens faisaient leur C comme un long E qui n'aurait pas de barre au milieu, de sorte qu'en le coupant en deux la moitié forme un L, qui vaut cinquante.

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