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L'origine de Chimie



L'étymologie de Chimie

« Presque tous les étymologistes, dit M. Dutens, conviennent que la chimie a été cultivée premièrement en Egypte, patrimoine de Cham ; de qui elle est supposée avoir pris le nom de chemia, sive chamia, science de Cham. Au psaume 105, l'Égypte est appelée terre de Cham. Plutarque, dans Isis et Osiris, parle d'un canton d'Egypte qu'il appelle Chemis, quasi Chamis. On donne encore une autre étymologie de ce mot, en le faisant dériver de l'arabe chema, occultare, la chimie étant un art caché ; ou du grec foudre, ou suc : science qui apprend à connaître l'action intime et réciproque des corps les uns sur les autres. »
Cette même science a porté différents noms : on l'appela science hermétique, parce que l'on prétendait que les préceptes en étaient tracés sur les colonnes d'Hermès. On lui donna le nom d'art spagyrique ; le nom de chrysopée et d'argyropée, quand elle n'avait d'autre but que la transmutation des métaux : elle fut aussi appelée alchimie ; elle reçut enfin le nom de chimie, qu'elle a conservé.


Une création assez récente

De toutes les sciences, la chimie est peut-être la seule qui soit de création moderne. Quelques procédés routiniers pour extraire et employer le petit nombre de métaux connus dans l'antiquité, l'art de préparer quelques couleurs minérales, la connaissance de quelques sels, telles étaient les données des anciens en chimie : aucun médicament tiré du règne minéral ne figurait dans la matière médicale des Grecs. Ce ne fut guère qu'à l'époque où les Arabes cultivèrent les sciences que la chimie fut considérée comme telle. Rhazez, Albucasis, Mésué, Geber, furent, parmi les médecins de cette nation, ceux qui firent connaître le plus grand nombre de préparations chimiques. Mais bientôt les préjugés et la superstition du temps étendirent leur influence sur cette science : ce fut comme moyen de rechercher la pierre philosophale et une panacée universelle que la chimie fut cultivée depuis le VIIe jusqu'au XVIIe siècle : c'est alors qu'elle porta exclusivement le nom d'alchimie.
La direction vicieuse que suivaient les alchimistes, et qui devait perdre la science, favorisa la découverte de plusieurs corps. Au milieu de ces combinaisons sans choix ni méthode, on découvrit l'alcool, l'éther, l'ammoniaque ; quelques préparations de l'antimoine, du mercure ; la poudre à canon, et plusieurs produits qui portèrent le nom de ceux qui les trouvèrent, jusqu'à la réforme opérée dans la nomenclature chimique.


Les chimistes renommés

Parmi les alchimistes, quelques uns furent recommandables, et peuvent encore être consultés ; mais à peine aperçoit-on quelques traces de méthode dans leurs écrits. Tel était l'état de la science au XVIIe siècle. Le commencement du XVIIIe, encore plus fertile en découvertes chimiques, vit naître un homme qui sembla devoir alors fixer la science : Stahl, né en Prusse, imagina la théorie du phlogistique. Boerhaave soutint la nouvelle doctrine de tout l'éclat de son nom et de ses talents. Parmi les sectateurs de la théorie stahlienne, l'on peut citer Bacon, Macquer, Baumé, les deux Rouelle, Freind, Gaubius, Bucquet. Black, en 1755, fut le premier qui prouva que le gaz des effervescences n'est pas de l'air.
Meyer créait une théorie qui avait pour base le passage d'un certain principe nommé causticum ou acidum pingue, dans les corps brûlés ; il expliquait ainsi les phénomènes de la calcination. On voit que ce chimiste avait trouvé, sans s'en douter, la véritable théorie de la combustion. Cette découverte resta longtemps perdue pour la science. De 1755 à 1783 on pouvait compter des noms illustres : Woulff, Priestley, Bergmann, Guyton de Morveau, dont le nom sera longtemps célèbre par la découverte qu'il a faite du moyen de désinfecter l'air par l'emploi du chlore.
Enfin parut Lavoisier, qui jeta en 1783, les fondements de la chimie pneumatique. La France regrettera longtemps ce chimiste qui joignit un si noble caractère à un si rare talent. Depuis, Fourcroy, Berthollet, MM. Chaptal, Vauquelin, coordonnèrent ces éléments, et, par une nomenclature basée sur les principes chimiques eux-mêmes, non seulement facilitèrent l'enseignement, mais donnèrent à la science un plus facile accès dans le champ des découvertes.


De nouvelles découvertes

Bien que la théorie de Lavoisier semblât fixer la science, elle a subi de grandes modifications par la suite : de nouveaux métaux ont été découverts en Angleterre, par M. Davy, dans les alcalis, qui ne sont que des oxydes métalliques, etc. Les travaux de MM. Berzelius, Thenard, ont enrichi la science de plusieurs découvertes, et MM. Thomson, Ampère, Gay-Lussac, Œrsted, etc., prouvent jusqu'à l'évidence que l'électricité joue le premier rôle dans la plupart des phénomènes chimiques. M. Orfila, par des expériences suivies avec soin, a jeté un grand jour sur l'action des poisons ; il a fait connaître plusieurs procédés à l'aide desquels on peut reconnaître après la mort si une personne a été empoisonnée, souvent même la nature du poison.

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