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L'origine de Cimetière



Les tombeaux antiques

Ce mot vient du latin cœmeterium, qui signifie dormitoire ou dortoir, lieu où l'on dort. Les tombeaux n'étaient pas, chez les anciens, réunis dans un cimetière ; ils étaient disséminés sur les chemins, ainsi que le prouvent ces mots qu'on trouve souvent gravés sur les tombeaux antiques : Sta, viator (arrête, voyageur) ; Abi, viator (voyageur, éloigne-toi). On trouve encore de ces anciens tombeaux sur les routes de Rome.


Les premiers cimetières

L'usage d'amonceler les morts dans des cimetières ne s'est établi que vers l'an 200 de l'ère vulgaire. On a longtemps entendu par le mot cimetière, non seulement l'endroit où l'on enterrait les morts, mais encore le terrain qui avoisinait les églises paroissiales, et qui était contigu aux vrais cimetières.
L'usage d'enterrer dans les villes et même dans les églises s'est introduit sous Grégoire-le-Grand ; les progrès de la philosophie, les plaintes réitérées des amis de l'humanité, sont enfin parvenus, quelques années avant la révolution, à faire cesser cette pratique dangereuse.
Dès 1776, l'inhumation fut supprimée dans les églises. Le premier décembre 1780, le cimetière des Innocents fut définitivement fermé en vertu d'un arrêt du parlement de Paris, qui a opéré, sur cet objet important, une révolution salutaire, non seulement en France, mais encore dans toute l'Europe ; révolution dont la capitale devait donner l'exemple, et dont des circonstances particulières avaient longtemps empêché l'entière exécution.


Le cimetière des Saints-Innocents

Le cimetière des Saints-Innocents, occupant une surface de 1700 toises carrées, était devenu un foyer d'infection pour les quartiers voisins. Ce fut en 1785 qu'une ordonnance de police en fit enlever les cadavres. On peut lire sur cette opération, qui dura six mois, jour et nuit, les Rapports intéressants qu'en rédigea le docteur Thouret, en 1788 et 1789. Le cimetière a fait place à un vaste marché aux herbes et aux légumes.


Le cimetière du Père La Chaise

Éloignés depuis de l'enceinte des villes, les cimetières ont été plus spacieux ; on les a même décorés de monuments funèbres dont quelques uns sont dignes de fixer l'attention des curieux et même des artistes. Parmi ces lieux destinés a renfermer les débris d'une immense cité, aucun ne se recommande davantage que le cimetière de Mont-Louis, dit vulgairement du Père La Chaise ; aussi croyons-nous plaire au lecteur en lui donnant la description qu'un auteur moderne a faite de ce lieu de repos :
« Sur le sommet le plus oriental de la chaîne de collines s'étendant de Belleville à Charonne, est un enclos de 51 arpents, consacré, depuis 1804, à la sépulture des habitants de Paris. Nul lieu, dans les environs de la capitale, ne jouit de plus riches points de vue, nul site n'est plus pittoresque. On y arrive par un chemin partant de la barrière d'Aulnay. L'aspérité de ce terrain sert à faire produire des effets plus variés et plus saillants aux monuments funèbres qui s'y pressent. Ce fut l'endroit d'où Louis XIV, encore enfant, considéra ses troupes guidées par Turenne, combattant, en 1662, dans le faubourg Saint-Antoine, contre le grand Condé, alors chef des frondeurs, ne pouvant supporter la domination d'un prêtre italien sur la France. Dans sa vieillesse, ce monarque donna cet enclos au révérend père La Chaise, son confesseur.
Ce prince fit construire pour le bon père la maison dont on voit encore les ruines, maintenant habitée par des morts et les fidèles gardiens de leurs cendres. Cet enclos devint un lieu délicieux. De sa maison, placée à mi-côte, la vue de ce jésuite s'étendait avec complaisance sur la capitale, dont il découvrait les édifices, tandis qu'il dominait sur elle par son royal pénitent. Qui aurait alors annoncé à ce superbe religieux, même au moment où il légua cette délicieuse habitation pour servir à ses confrères de lieu de repos, qu'elle serait enlevée par arrêt ! que sa société ne tarderait pas à être anéantie, et que, cent ans plus tard, sa magnifique maison de plaisance tombant en ruines, servirait de repaire aux animaux les plus immondes ; que cet enclos alors si riant deviendrait un séjour de deuil et de douleur, un cimetière, où chacun n'entrerait que pour pleurer sur la tombe d'un parent, d'un ami, ou d'un frère ! »

Remarquons qu'avant d'appartenir au père La Chaise et aux disciples de Loyola, cet emplacement avait été un lieu de plaisir, et que cette demeure d'un riche épicier de la capitale était déjà célèbre sous le nom de la Folie-Regnauld.

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