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L'origine de Citronnier


Parmi les riches productions de la Médie, Virgile fait mention d'un arbre au fruit duquel il attribue les plus grandes vertus contre les poisons. A la description qu'il en fait, on reconnaît sans peine le citronnier.

Vois les arbres du Mède et son orange amère
Qui, lorsque la marâtre aux fils d'une autre mère
Verse le noir poison d'un breuvage enchanté,
Dans leur corps expirant ranime la santé.

(Delille)


Un remède contre le venin

On ne le cultivait pas encore en Italie, et Pline atteste qu'on avait fait des efforts inutiles pour l'y transporter de la Médie et de la Perse. Il paraît que le citron a plus d'efficacité contre les venins dans les pays orientaux où il vient naturellement. On n'en douterait pas, si l'on pouvait compter sur ce que rapporte Athénée de deux criminels condamnés par le gouvernement d'Egypte à être exposés aux serpents. Comme on les menait au supplice, une femme leur donna par pitié quelques citrons dont ils mangèrent. Exposés ensuite aux morsures des serpents les plus venimeux, ils n'en ressentirent aucun mal.
Le gouverneur, étonné, les renvoya le lendemain au supplice, et, pour s'assurer que le citron était la cause d'un effet si peu attendu, il en fit manger à l'un des deux, et n'en fit point manger à l'autre. Le premier, quoique piqué plusieurs fois, n'éprouva aucun accident fâcheux ; le second expira dans l'instant : d'où Athénée conclut que le citron pris à jeun résiste à tous les poisons.

Dans nos pays on l'emploie dans un grand nombre de préparations culinaires ; mais on ne lui reconnaît point de propriétés différentes de celles des autres acides végétaux contre les poisons qui produisent leur effet en assoupissant. On doit regarder comme erroné ce que rapporte Athénée, ou bien considérer les hommes et les choses comme étrangement changés. MM. Risso et Poiteau ont publié un excellent ouvrage sur les orangers, et qui mérite d'être consulté.


L'introduction du citronnier en Europe et en Amérique

Cet arbre toujours vert, et continuellement chargé de fleurs et de fruits, fut apporté de la Médie, par Palladius, qui en peupla la Grèce. De là il passa en Italie et dans les provinces méridionales de l'Europe. On le cultive en Sicile, au Portugal, en Espagne, dans le Piémont, en Languedoc et en Provence. Il y a même des citronniers en Chine et aux Indes. On le trouve abandonné à lui-même et devenu sauvage, en Amérique, où, sans doute, il a été transporté d'Europe. Comme cet arbre est aussi beau que ses fruits sont précieux, on l'élève dans des caisses et on le conserve dans des serres là où la température froide lui serait contraire. Cet arbre est très vivace.

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