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L'origine de Collège


Collège, du latin collegium, qui signifiait assemblée de personnes occupées des mêmes fonctions ; compagnie, société. Les Romains usaient indifféremment de ce terme pour désigner collectivement les ministres de la religion, ceux qui gouvernaient l'état, et ceux qui faisaient un corps dans les arts libéraux et mécaniques.


Les collèges antiques

Dans un sens plus restreint ce mot désigne un lieu public doté de certains revenus, où l'on enseigne les sciences, les belles lettres et les langues. Le lycée et l'académie furent les collèges les plus célèbres chez les Grecs ; les plus renommés chez les Juifs étaient à Jérusalem, à Tibériade et à Babylone. Ce ne fut que sur la fin de leur empire que les Romains firent de pareils établissements. Il est sûr qu'il y ont plusieurs collèges, fondés par leurs empereurs, et principalement dans les Gaules, tels que ceux de Marseille, de Lyon, de Bordeaux.


Les collèges dirigés par les moines

Après l'établissement du christianisme en France, il y eut presque autant de collèges qu'il y avait de cathédrales, de chapitres et de monastères. Charlemagne, dans ses capitulaires, enjoint aux moines d'élever les jeunes gens et de leur enseigner la musique, la grammaire et l'arithmétique ; mais comme l'éducation de la jeunesse détournait trop les moines des exercices de leur profession, dans la suite on donna le soin et la direction des collèges à des personnes qui n'eurent point d'autre occupation.


Les collèges de Paris

Le premier et le plus ancien des collèges de Paris est celui de théologie qui porte le nom de Sorbonne ; saint Louis l'institua, en 1252, par le conseil de Robert Sorbon, son aumônier et son confesseur.
Le collège d'Harcourt fut commencé, en 1289, par Raoul d'Harcourt, chanoine de Notre-Dame de Paris : son frère, Robert d'Harcourt, évêque de Coûtance, le fit achever.
Le collège du cardinal Le Moine a été fondé, en 1302, par J. Le Moine, fait cardinal par Boniface VIII, et légat en France lors du démêlé de ce pape avec Philippe-le-Bel.
Jeanne, reine de France, comtesse palatine de Champagne et de Brie, femme de Philippe-le-Bel, fonda, en 1304, le collège de Navarre, dit aussi le collège de Champagne.
Le collège de Montaigu a été fondé, en 1314, par Gilles Aicelin, archevêque de Rouen, de l'ancienne maison de Montaigu en Auvergne.
Geoffroi du Plessis, notaire du pape Jean XXII, et secrétaire de Philippe-le-Long donna naissance, en 1322, au collège du Plessis.
Ce fut Jeanne de Bourgogne, reine de France, fille d'Othon IV, comte palatin de Bourgogne, et femme de Philippe-le-Long, qui fonda à Paris le collège de Bourgogne en 1331.
En 1530, François Ier nomma les professeurs de son nouveau collège, qu'on appela dès lors le collège Royal. Ce collège qui, sous le règne de Napoléon, avait pris le nom de collège Impérial de France, a repris son ancienne dénomination.
Les professeurs, qui ont le titre de lecteurs, font des cours publics sur toutes les sciences.
Le collége de Louis-le-Grand, fondé en 1560 par Guillaume Duprat, évêque de Clermont, sous le nom de collège de Clermont, fut érigé en fondation royale par lettres-patentes du mois de novembre 1682, sous celui de Louis-le-Grand.
Le collège de Mazarin, autrement dit des Quatre-Nations, fondé par le cardinal Mazarin, fut ouvert, pour la première fois, en octobre 1688.

Paris, qui comptait dix collèges de plein exercice avant la révolution, en avait cinq au XIXe siècle, savoir les collèges de Henri IV, de Bourbon, de Louis-le-Grand, de Charlemagne, et de Saint-Louis, ci-devant Harcourt, auxquels on peut joindre ceux de Sainte-Barbe et de Stanislas.

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