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L'origine de Diablerie



A partir du règne du XVe siècle

Toutes les illusions de sortilèges, fantômes et magies qu'on a vus en France, n'ont commencé à y être en vogue que sous les règnes de Charles VII et de Louis XII. Les représentations des mystères, les moralités et les farces, et surtout les diableries, étaient les seuls spectacles qu'on vit alors sur le théâtre. Dès l'an 1507, il parut un volume, in-folio, de diableries, il avait pour auteur Éloy d'Arménal, maître des enfants de chœur de Béthune.


Les petites et les grandes diableries

Les acteurs de ces sortes de pièces paraissaient sur la scène vêtus de peaux noires et d'habillements affreux. On distinguait deux sortes de diableries, les petites et les grandes. Les petites diableries étaient représentées seulement par deux acteurs ou deux diables ; les grandes par quatre, d'où est venu le proverbe faire le diable à quatre, parce que ces quatre diables réunis faisaient un vacarme effrayant ; ils poussaient des hurlements, jetaient des feux par la bouche, tenaient de grands bâtons noirs, d'où partaient de la fumée et des flammes ; des masques horribles leur couvraient le visage, et, dans l'agitation de leurs corps, ils jetaient feu et flammes de toutes parts. On prenait un plaisir singulier à ces spectacles, qui se donnaient même souvent chez les particuliers et dans les hôtels.


L'apparition des sabbats

Les pauvres et le peuple, à qui il n'était pas toujours permis d'assister à ces représentations, voulurent les imiter. Ne trouvant pas dans leurs chaumières un lieu assez vaste, ils prirent le parti de s'assembler en pleine campagne, dans les bois et dans les clos, et firent de ces singulières récréations des solennités qu'ils nommèrent sabbats.
Cette multitude apportait avec elle des balais. De là on nommait, dans le Valois, ceux qui se rendaient à ces sabbats, des chevaucheurs de ramons ; de là aussi a-t-on dit proverbialement, d'un homme connu par ses débauches, qu'il a rôti le balai. En effet, l'abus suivit bientôt, et ces diableries ouvrirent peu à peu le chemin à des infamies et à des prostitutions horribles.
Le désordre augmenta tellement dans la suite, qu'on y travaillait à des poisons. La pharmacie, encore au berceau, n'avait pas rendu publiques les drogues qu'on employait à ces recettes, et on n'eut pas de peine à persuader que ces compositions venaient du diable.


Le déroulement du sabbat

Le secret était l'âme de ces assemblées, dont les séances commençaient à la nuit et finissaient au chant du coq. L'été, on se rendait dans les bois, et l'hiver dans les fermes écartées. Les chambres destinées au sabbat d'hiver étaient éclairées par une seule lampe, qui ne dissipait qu'une partie des ténèbres. Cette lampe était placée dans un coin de la cheminée. Le diable président était élevé au milieu de cette cheminée sur un tréteau de deux ou trois pieds ; sa gauche était éclairée par la lampe ; l'homme ou la femme, dépositaire des poudres ou des graisses, était à sa droite. Il ouvrait la séance par un discours, ensuite il distribuait ses poudres.
Bodin écrit qu'on y baptisait souvent des crapauds qu'on donnait comme des préservatifs. Quelquefois le président imprimait un signe à ceux qui voulaient s'initier, et appliquait sur le récipiendaire une graisse qui faisait naître à la partie du corps qu'elle touchait une espèce de rogne insensible qui pénétrait fort avant.
On terminait la cérémonie par un repas dans lequel on mangeait du pain noir, et ce repas était suivi de danses lascives et de débauches monstrueuses.

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