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L'origine de Diamant



Une découverte assez tardive

Il n'est point question, dit Goguet, de cette pierre précieuse dans les écrits des plus anciens auteurs de l'antiquité. Il faut descendre jusqu'aux derniers siècles avant l'ère chrétienne pour trouver quelque écrivain qui en fasse mention. Pline, qui paraît avoir fait d'assez grandes recherches sur les pierreries, avoue que le diamant a été longtemps inconnu. Il a dû l'être en effet. Bien des siècles se seront écoulés avant qu'on ait connu le prix de cette pierre, et plus encore avant qu'on ait su la mettre en valeur.


La première taille de diamant

La taille du diamant ne doit son origine qu'à un coup du hasard. Louis de Berquen, natif de Bruges, est le premier qui l'ait mise en pratique, vers l'an 1450. C'était un jeune homme qui alors sortait à peine des classes, et qui, né d'une famille noble, n'était nullement initié dans le travail de la pierrerie. Il avait éprouvé que deux diamants s'entamaient si on les frottait un peu fortement l'un contre l'autre. Il prit deux diamants, les monta sur du ciment, les égrisa l'un contre l'autre, et ramassa soigneusement la poudre qui en provint. Ensuite, à l'aide de certaines roues de fer qu'il inventa, il parvint, par le moyen de cette poudre, à polir parfaitement les diamants, et à les tailler de la manière qu'il jugeait à propos.


Les mines de diamant

Les anciens tiraient, dans les premiers temps, leurs diamants d'Ethiopie ; par la suite on en tira des Indes, de l'Arabie, de Chypre et de la Macédoine. Ce qui paraît le plus étonnant, c'est que, selon quelques auteurs, on trouvait des diamants dans la Sarmatie européenne, chez les Agathyrses, peuples qui habitaient au-dessus des Palus-Méotides.
Tavernier (voyageur du XVIIe siècle) dit que celle de Bengale est regardée comme la plus ancienne mine de diamant, sans fixer le temps où elle a été découverte. Pour celle de Golconde, du temps de Tavernier on ne lui donnait pas plus de 100 ans d'ancienneté.
On attribue au hasard la découverte de cette mine, la plus riche que l'on connaisse. Un berger, conduisant son troupeau dans un lieu écarté, aperçut une pierre qui jetait de l'éclat ; il la ramassa, et la vendit pour un peu de riz à quelqu'un qui n'en connaissait pas mieux la valeur. Elle passa ainsi dans différentes mains, et tomba enfin dans celle d'un marchand connaisseur, qui en tira un grand profit. Cette découverte fit du bruit, et chacun s'empressa de fouiller dans l'endroit où le diamant avait été ramassé.
Le lieu où se trouvaient ces mines était le plus sec et le plus stérile du royaume. On cherchait les diamants dans les veines des rochers, et il y avait plus de 30 000 ouvriers occupés à ce travail. Le roi se réservait tous les diamants au-dessus de dix carats, ce qui n'empêchait pas qu'on ne le trompait souvent. Les mineurs les avalaient pour n'être pas découverts, et trouvaient moyen de les vendre aux Européens, après les avoir retirés de leurs déjections ; ce qui ne se faisait pas sans exposer leur vie.


Les plus beaux diamants

Les Portugais ayant découvert des mines de diamant au Brésil, en 1728, ces pierres précieuses ont commencé à devenir plus communes en Europe. On ne voyait anciennement, et encore en très petite quantité, des diamants qu'aux reines, aux princesses, et aux femmes de la plus haute condition. Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII, fut, dit-on, la première qui fit servir les diamants à orner ses cheveux.
Un des plus beaux diamants connus est celui du Grand-Mogol. Tavernier, qui l'a vu et pesé en 1653, dit qu'il a la forme d'un œuf coupé par le milieu. On cite aussi deux diamants appartenant à la France, dont l'un, le Sancy, n'a coûté que 600 000 francs, mais vaut beaucoup plus, l'autre, le Régent ; enfin , celui de l'impératrice de Russie, la célèbre Catherine. Ce dernier diamant passe pour avoir formé un des deux yeux de la fameuse statue de Scheringam, dans le temple de Brama. Un grenadier français, amoureux des beaux yeux de la statue, s'introduisit dans l'enceinte sacrée, et réussit à en voler un, qui passa par plusieurs mains avant d'arriver à l'impératrice.


L'histoire du diamant le Sancy

Après la mort malheureuse de Henri III, Henri IV se trouvant dans la plus grande détresse, ce fut Nicolas de Harlay de Sancy, son ambassadeur auprès des cantons Suisses, qui le secourut le plus efficacement, en mettant en gage chez les juifs de Metz le superbe diamant connu depuis sous le nom de Sancy. Ce diamant, trouvé sur le champ de bataille, à côté du cadavre du duc de Bourgogne, tué à la bataille de Granson et Morat, en 1476, avait été vendu, par le soldat qui l'avait ramassé, à un curé, qui le lui avait payé un écu. Des mains du duc de Florence, il était passé au roi de Portugal, dom Antoine, qui, réfugié en France, l'avait livré à Sancy pour une somme de 40 000 francs d'abord, puis de 30 000 en sus.
Sancy, ce véritable ami de Henri IV, envoya son valet-de-chambre chercher le diamant à Paris, où il l'avait laissé, en recommandant bien de prendre garde qu'il ne fût volé, au retour, par quelques uns des brigands qui infestaient les routes. « Ils m'arracheront plutôt la vie que le diamant », répondit le fidèle serviteur, en faisant entendre qu'il l'avalerait, quelle qu'en fût la grosseur. Ce qu'avait craint Sancy, arriva. Son valet de chambre fut arrêté, pillé et massacré. L'ambassadeur, ne le voyant pas revenir, se douta de l'événement, et ayant découvert, après les plus grandes perquisitions, qu'un homme, tel qu'il le désignait, avait été trouvé assassiné dans la forêt de Dôle, et que des paysans l'avaient enterré ; il se transporte sur les lieux, fait exhumer le cadavre, reconnaît son domestique, le fait ouvrir, et retrouve le diamant dont il fait le noble usage auquel il l'avait destiné. On ignore quel est aujourd'hui le possesseur de ce trésor.


L'histoire du diamant le Régent

Le diamant le Régent, qui, pendant la révolution, fut mis en gage, et qui fut retiré sous le gouvernement consulaire, est le plus beau diamant que l'on connaisse. Voici son histoire, extraite des Mémoires du duc de Saint-Simon.
Un employé aux mines de diamant, dans le Mogol, en prit un d'une grosseur prodigieuse, qu'il vint à bout de cacher en se l'introduisant dans le fondement. Il arriva en Europe avec le vol précieux qu'il avait fait. Il le fit voir à plusieurs princes de différentes cours, qui tous l'admirèrent, mais qui le trouvèrent en même temps au-dessus de leurs facultés pécuniaires. Le régent de France fut lui-même effrayé du prix, lorsque Law, à qui le propriétaire l'avait présenté, le fit voir à son tour à son altesse royale. Law, étayé par le duc de Saint-Simon, insista auprès du régent. Le régent opposait la fâcheuse situation des finances. Mais ce qui encourageait le directeur général Law, c'était l'impossibilité où se trouvait le propriétaire du diamant de le vendre sa valeur ; c'est ce qu'il lui représenta pour le déterminer à en baisser le prix, et ce qu'il représenta au duc régent pour le déterminer à faire une offre. On se rapprocha : on offrit deux millions et les rognures qui sortiraient de la taille. Les conditions furent enfin acceptées, et ce diamant qui, après la taille, pesait encore plus de cinq cents grains, fut acquis à la France. Il fut appelé le Régent.


Les découvertes scientifiques

Le diamant, dont le vif éclat et plusieurs autres propriétés ont fixé l'attention des minéralogistes et séduit les femmes, est devenu ensuite un sujet de recherches pour les chimistes. On a cru longtemps le diamant inaltérable ; mais les travaux de Kenckel et les expériences du savant baron d'Holbach en 1694, répétées sous les yeux du grand-duc de Toscane en 1695, prouvèrent d'abord que le diamant perd de son poids.
L'empereur François Ier fit mettre pour 6000 florins de rubis et de diamants dans des creusets, qui furent exposés pendant vingt-quatre heures à un feu ardent : les rubis furent trouvés intacts, les diamants avaient complètement disparu. MM. Beaumé, Macquer, d'Arcet, Fourcroy, Tennant et Guyton de Morveau nous ont fait connaître la nature du diamant, et l'on sait aujourd'hui qu'il est du carbone pur, et qu'il a, comme le charbon, la propriété de convertir le fer en acier. M. Patin le considère comme la matière même de la lumière, devenue concrète, de même qu'il regarde le charbon comme le feu fixé.


L'invention de la gravure sur diamant

Celui qui, parmi les modernes, trouva le premier l'art de graver sur le diamant fut un nommé Claude Briagues.

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