Accueil > Les origines commençant par D > L'origine de discipline

L'origine de Discipline


Dupin observe que, parmi toutes les austérités que pratiquaient les anciens moines et solitaires, il n'est point parlé de discipline ; il ne paraît pas même qu'elle ait été en usage dans l'antiquité, excepté pour punir les moines qui avaient péché.


Les premiers usages de la discipline

On croit communément que c'est saint Dominique l'encuirassé et Pierre Damien, qui ont introduit les premiers l'usage de la discipline. Mais, comme l'a remarqué D. Mabillon, Gui, abbé de Pomposie ou de Pompose, et d'autres encore, le pratiquaient avant eux. Cet usage s'établit dans le XIe siècle, pour racheter les pénitences que les canons imposaient aux péchés ; et on les rachetait, non seulement pour soi, mais pour les autres.
« En 1584, est-il dit dans les Essais historiques sur Paris, on vit le roi Henri III, le chancelier, les courtisans et les ministres, marchant deux à deux dans les rues de Paris, couverts d'un grand sac de toile depuis le haut de la tête jusqu'aux pieds, ceints d'une grosse corde, et tenant chacun une discipline à la main pour se flageller les épaules. »


La discipline militaire

Le règne de Sésostris est l'époque de la gloire militaire des Égyptiens. Ce prince, qui ne se proposa rien moins que la conquête du monde entier, entretint toujours sur pied une milice nombreuse, partagée en deux corps. Les soldats n'avaient point de paie, et il leur était défendu d'exercer aucun art mécanique ; mais l'état avait pourvu abondamment à leur entretien. On avait assigné à chaque soldat douze arures de terre, exemptes de toutes sortes de charges et d'impositions. Ils les affermaient à des laboureurs qui les faisaient valoir, et qui leur en rendaient une certaine redevance. Le soldat qui avait abandonné son rang ou qui désobéissait à ses généraux était noté d'infamie ; il pouvait cependant s'en relever, en réparant sa faute par quelque action d'éclat.


Les premiers corps d'armée

L'art de diviser une armée en différents corps, et de les faire manœuvrer un jour d'action, a été inconnu aux Asiatiques jusqu'au règne de Cyaxare. Hérodote assure que ce prince fut le premier qui imagina de séparer les piquiers, les cavaliers et les archers les uns d'avec les autres ; car auparavant, dit cet historien, tous ces différents corps marchaient confusément et pêle-mêle dans les armées. Cyaxare régnait environ 630 ans avant Jésus-Christ. La discipline militaire n'a donc été introduite dans les armées des Asiatiques que depuis cette époque.
Il faut excepter cependant les Hébreux de cette proposition générale. Dès le temps de Moïse ils étaient divisés en tribus qui formaient chacune une troupe séparée, ayant son étendard particulier. Aussi voyons nous, dans le second livre des Rois, que l'armée de David était distribuée en différents corps de cent hommes et de mille hommes ; qu'elle formait trois divisions principales, commandées chacune par un officier général qui avait sous lui des tribuns et des centeniers.


Dans la Grèce antique

Mnesthée, qui commandait les Athéniens devant Troie, passait, chez les Grecs, pour avoir le premier imaginé l'art de former les troupes en bataillons et en escadrons. Par rapport à la levée des troupes, on sait qu'à Lacédémone tous les citoyens étaient obligés de porter les armes depuis trente ans jusqu'à soixante. Il en était de même à Athènes, où les jeunes gens se faisaient inscrire dans un registre public à l'âge de dix-huit ans, et s'engageaient à servir la république jusqu'à l'âge de soixante ans. Les autres états de la Grèce observaient à cet égard la même discipline que Sparte et Athènes. Chez tous ces peuples, les déserteurs étaient punis de mort, et l'on notait d'infamie ceux qui, dans la mêlée, avaient abandonné leurs boucliers.
Dans les premiers temps de la Grèce, les soldats n'avaient point de paie ; ils servaient à leurs frais et dépens ; le seul dédommagement qu'ils pussent espérer était leur part au butin, car alors il n'était pas permis de piller pour son propre compte.


Dans la Rome antique

Chez les Romains, les soldats, au commencement de la république, ne recevaient point de paye ; chacun servait à ses dépens. Ce ne fut que plus de 350 ans après la fondation de Rome, que le sénat, à l'occasion du siège de Veïes, qui dura dix ans, ordonna que la république paierait aux soldats une somme réglée. Les Romains, dans les armées, usaient d'une grande sévérité pour le maintien du bon ordre et de la police. Elle ne s'exerçait pas seulement sur le simple soldat, elle s'étendait encore sur les officiers les plus élevés en dignité.


La discipline militaire en France

Sous la première race de nos rois, malgré les guerres civiles qui autorisèrent l'extrême licence du soldat, la discipline fut très sévère.
Sous la seconde, on trouve un plus grand détail des châtiments. Comme Charlemagne perfectionna l'art militaire, en prenant pour modèle la milice romaine, il fit exactement observer la discipline. La descente des Normands, qui désolèrent la France sous Louis-le-Débonnaire et Charles-le Chauve, en causa le relâchement.
Sous la troisième race, du temps de Philippe-Auguste, ceux qui possédaient des fiefs étaient obligés au service, sous peine du crime de lèse-majesté et de félonie. La prise du roi Jean, en 1356, mit le royaume dans un état déplorable. Il n'y eut plus de discipline parmi les troupes. Charles V, secondé du fameux Bertrand Du Guesclin, la rétablit ; mais elle se relâcha encore sous Charles VI ; Charles VII essaya de la faire revivre, et en 1444 il profita, dans cette vue, d'une trêve avec les Anglais.
Il se fit, dans la composition des armées, des changements sous Louis XI, Charles VIII et Louis XII. François Ier institua les légions ; mais cet établissement ne dura pas longtemps. Ce fut sous ce monarque que l'infanterie augmenta de beaucoup et commença à devenir la principale force des armées françaises. Ce ne fut que sous Henri IV que la France commença à voir des armées braves et bien disciplinées. Depuis sa mort tragique jusqu'au temps où Louis XIV commença à régner par lui-même, on peut dire que la discipline fut mal observée ; mais les règlements de ce monarque et de son successeur pour faire observer le bon ordre, tant dans les garnisons qu'en route et en campagne, ont laissé peu à ajouter à ceux qui se sont occupés depuis de l'art de gouverner et de conduire les troupes.

Autres origines :