Accueil > Les origines commençant par D > L'origine de dithyrambe

L'origine de Dithyrambe



Une poésie consacrée à Bacchus

C'était, chez les Grecs, une sorte de poésie consacrée à Bacchus dont il est plus facile d'assigner le caractère que de trouver la véritable origine. Clément d'Alexandrie et le scoliaste de Pindare attribuent l'invention du dithyrambe à Lasus ou Lassus d'Hermione. Si l'on en croit Hérodote, ce fut le fameux Arion de Méthymne qui en donna les premières leçons à Corinthe. Quoi qu'il en soit des premiers auteurs de ce genre de poésie, il y a beaucoup d'apparence qu'il doit son origine à ces assemblées rustiques de buveurs, chez qui le vin seul échauffant le génie, développait cet enthousiasme et cette fureur qui faisaient pour ainsi dire l'âme du dithyrambe.


Un exemple de dithyrambes en France au XVIe siècle

Jodelle, qui vivait sous le règne de Henri II, ayant donné sa tragédie de Cléopâtre qui fut extrêmement applaudie, les poètes ses contemporains, pour le féliciter, imaginèrent une cérémonie singulière : ce fut de mener en pompe un bouc couronné de lierre chez le poète et de le complimenter en corps. Comme ils se piquaient tous d'imiter les Grecs, « la fête, dit M. de Fontanelle dans son Histoire du théâtre français, fut accompagnée de vers ; et comme elle regardait Bacchus, le dieu du théâtre, pouvait-on faire d'autres sortes de vers que des dithyrambes ? Il n'y avait pas d'apparence ; cela aurait été contre toutes les règles. La plupart des poètes du temps firent donc des dithyrambes. Je rapporterai, ajoute le même auteur, quelques morceaux de celui de Baïf, parce qu'il est assez curieux et tout à fait à la grecque :

Au dieu Bacchus, patron de cette fête,
Bacchique brigade,
Qu'en gaie gambade
Le lierre on secoue
Qui nous ceint la tête ;
Qu'en joue,
Qu'on trépigne,
Qu'on fasse maint tour
Alentour
Du bouc qui nous guigne.
Se voyant environné
De notre essaim couronné
Du lierre ami des vineuses carolles :
Yach, évoë, yach, ïa, ha, etc.

Cet yach, évoë, yach, etc., est le refrain de tous les couplets. Quel jargon, poursuit M. de Fontenelle ! Cependant il faut rendre justice à Baïf ; ce jargon, ces mots forcés, ce galimatias, tout cela, selon l'idée des anciens, est fort dithyrambique. » Cette plaisanterie est placée, car les anciens dithyrambes étaient encore plus obscurs, plus ampoulés, et d'une composition plus extraordinaire que ces vers de Baïf.
Les Italiens vantent comme un chef-d'œuvre en ce genre, celui de François Redi , intitulé Bacco in Toscana.

Autres origines :