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L'origine de Domesticité



Les domestiques des Francs

Une des coutumes introduites par les Francs dans la Gaule, dit M. Dulaure, dans son Histoire civile, physique et morale de Paris, y mit la domesticité en honneur, et contribua à l'avilissement général. Les Romains, pour le service de leur personne, avaient des esclaves. Les Francs, orgueilleux comme le sont tous les barbares, trouvèrent cet usage indigne d'eux. Ils continuèrent, suivant leurs antiques coutumes, à se faire servir par des hommes d'une naissance illustre, par les fils de leurs parents, de leurs leudes ou fidèles ; ils renvoyèrent à l'agriculture et aux travaux mécaniques les esclaves romains ; et les serviles emplois de ces derniers furent remplis par des fils de princes ou de nobles.


Des titres de domestiques devenus honorables

De cette coutume barbare est résultée l'espèce d'illustration accordée en France à des places de domestiques. Celui qui, chez les Francs, était chargé de la surveillance des chevaux, des écuries et des étables, devint le premier dignitaire de la monarchie française, sous le titre de comes stabuli, comte de l'étable, ou connétable.
Le titre de maréchal désignait originairement et désigne encore aujourd'hui un homme qui pause et ferre les chevaux. Le nom de ce métier est devenu un titre éminent dans le militaire.
Le sénéchal n'était qu'un domestique qui veillait à la sûreté de la maison, qui percevait les redevances du maître, et qui le servait à table : on en fit depuis un grand officier de justice.
Le grand panetier, qui, dans l'origine, n'était qu'un boulanger, est devenu un grand officier de la couronne. Il en fut de même du grand boutillier, qui surveillait les caves, les tonneaux et les bouteilles ; du grand veneur et du grand louvetier, qui n'étaient que des domestiques chasseurs. Que de familles se sont enorgueillies de compter parmi leurs aïeux des personnes chargées de titres qui rappellent des professions extrêmement roturières et serviles !


Une coutume qui a perduré dans la noblesse

Les nobles, depuis la première race jusqu'au XIXe siècle, ont continué d'envoyer leurs enfants dans les maisons des hommes puissants, et se sont crus fort honorés de pouvoir procurer à leurs fils, à leurs filles, des places de domestiques portant livrées, et les titres de varlets, valets, servantes, filles, dénominations qui, dans des temps plus polis, ont été changées en celles de gentilshommes, de filles ou dames d'honneur.
Comme il y a compensation en toutes choses, il faut convenir aussi que cet usage est devenu une ressource pour beaucoup de familles, et un moyen honorable dans l'opinion de donner à leurs enfants une éducation dont ils auraient été privés.

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