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L'origine de Druide



L'étymologie du mot Druide

Les anciens ont dérivé le nom de druides de drys, mot grec qui signifie chêne. Les druides attribuaient de grandes vertus au gui de chêne ; ils n'offraient que dans des bois de chênes leurs sacrifices. Il paraît d'abord naturel d'en conclure que le nom de cet arbre est la racine de celui des druides, c'est le sentiment de Pline et de plusieurs autres écrivains.
Fréret ne peut se résoudre à l'adopter, et donne à ce nom une origine toute différente : voici quelle est sa raison. C'est dans l'île britannique que la religion des druides résidait comme dans son centre : César nous apprend que ceux qui voulaient en acquérir une connaissance plus profonde allaient l'étudier dans cette île. Il s'ensuit qu'on doit chercher dans les langues galloise et irlandaise la vraie manière d'écrire et de prononcer le nom des druides. Les poésies bretonnes du Ve et du VIe siècle parlent de ces prêtres, dont le nom s'y trouve écrit derouydden au pluriel et derouydd au singulier ; c'est sur cette façon de l'écrire que doit être fondée, selon Fréret, l'étymologie qui nous en apprend la signification primitive.
Il soupçonne que le mot derouydd est composé de deux mots celtiques de ou di, et rhouydd ou rhaydd participe du verbe irlandais rhaidhim ou rhouiddim, parler, dire, s'entretenir. Fréret, qui remarque que Diodore de Sicile donne en effet le nom de théologiens aux druides, ajoute que le mot de ou di est ancien dans la langue celtique. De ou di est un mot primitif et le même que da qui signifie bonté, bienfaisance, bon, bien. Il n'est pas surprenant, selon cet écrivain, que l'idée de bienfaisance soit entrée dans la formation du nom de la divinité. Les druides étaient les seuls auxquels il appartînt de parler des dieux. Seuls ministres des sacrifices, seuls interprètes du ciel, ils passaient pour les seuls qui connussent la nature divine.


Des personnages importants

Les druides, comme on le sait, étaient les prêtres et les philosophes des Germains, des Bretons et des Gaulois. Ils jouissaient de grandes prérogatives, puisqu'ils étaient exempts du service militaire et ne contribuaient point aux charges de l'état. Leurs lois n'étaient point écrites, bien qu'ils connussent les caractères grecs, comme le rapporte César ; mais ils les conservaient par la tradition : elles étaient mises en vers, afin que la mémoire les retînt plus facilement.
Les druides faisaient leur demeure au milieu des forêts : ils exerçaient la médecine ; le dépôt des lois leur était confié et leurs jugements étaient sans appel en matière civile comme en matière criminelle. Ils étaient chargés de l'éducation de la jeunesse gauloise, qui accourait en très grand nombre dans les bois où ils tenaient leurs écoles et leurs assemblées. Ils décidaient de la paix ou de la guerre, de l'avantage de livrer ou de refuser la bataille, et Strabon assure qu'ils avaient eu quelquefois le crédit d'arrêter des armées qui couraient au combat, de les faire convenir d'un armistice et de leur donner la paix.


La hiérarchie des druides

« Les érudits, dit Anquetil dans son Histoire de France, ont trouvé que les druides avaient une hiérarchie dans laquelle on distinguait particulièrement les druides proprement dits, les eubages et les bardes ; c'est-à-dire, les prêtres, les devins et les poètes. Ils ont reconnu encore une police, une subordination graduée, un enseignement entre eux et des écoles pour l'enseignement des peuples. Chartres, Autan, Marseille et Toulouse, étaient les principaux de leurs collèges. Ces mêmes érudits font venir les druides d'Angleterre, mais sans pouvoir marquer l'époque et l'occasion de cette mission. »


Le développement puis la fin des duides

C'était dans le pays chartrain que se trouvait le grand collége des druides gaulois. Là, toutes les années, ils tenaient les états ou grands jours et décidaient les affaires importantes. C'est là encore qu'avec le plus pompeux appareil ils cueillaient le gui de chêne qu'ils distribuaient pour étrennes au commencement de l'année. Ces assemblées terminées, les druides se retiraient dans leurs forêts, où ils se livraient à la contemplation et à la prière.
La religion des druides s'est conservée longtemps dans les Gaules aussi bien que dans la Grande-Bretagne ; elle passa même en Italie, comme il paraît par la défense que l'empereur Auguste fit aux Romains d'en célébrer les mystères ; et l'exercice en fut continué dans les Gaules, jusqu'au temps où Tibère, craignant qu'il ne devint une occasion de révolte, fit massacrer les druides et raser tous leurs bois.
Il y avait aussi un collège de druidesses que les Gaulois appelaient senes ; elles étaient au nombre de neuf et gardaient une perpétuelle virginité : elles se mêlaient de prophétiser, et l'opinion vulgaire leur attribuait le don de prédire l'avenir et de pénétrer dans les secrets de la nature.

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