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L'origine de École


Chez les anciens, comme chez nous, le mot école a toujours servi à désigner un endroit où l'on enseigne. Toutes les villes de la Grèce, sans en excepter Lacédémone, avaient leurs écoles. Ce qu'on enseignait dans chacune d'elles répondait à l'âge de ceux qui y étaient admis. Jugeons de toutes les autres par celles Athènes.


Les écoles dans la Grèce antique

On conduisait les enfants, dès l'âge le plus tendre, à de petites écoles où ils apprenaient à lire et à écrire ; de ces premières écoles on passait dans celles où l'on enseignait la grammaire, la poésie et la musique. Homère y était particulièrement lu avec une sorte de vénération. Alcibiade, encore jeune, étant entré dans une école où il ne trouva point les ouvrages de ce poète immortel, donna un soufflet au maître, le traitant d'ignorant qui déshonorait sa profession.
Ensuite venaient les écoles de rhétorique et celles de philosophie : Aristote, Isocrate, Socrate, Platon, Théophraste furent la gloire de ces écoles. Ce bienfait de l'éducation s'étendait jusque sur les filles de la plus simple extraction. Athènes était une ville où tout le monde parlait bien, et où la dernière classe du peuple prétendait, comme toutes les autres, à la pureté du langage.


Les écoles dans la Rome antique

Les écoles pour les filles sont les premières dont il soit possible de constater l'établissement à Rome. Elles existaient dès l'an 304 de la fondation de cette ville.
Des grammairiens grecs vinrent former à Rome des écoles de grammaire vers l'an 550. De la langue grecque, on passa à l'étude de la langue latine : on y lisait, du temps de Cicéron, les poètes nationaux, tels qu'Ennius, Accius, Pacuvius, Livius, Andronicus, Térence, etc. Ce furent encore des rhéteurs grecs qui fondèrent à Rome des écoles de rhétorique, vers l'an 600. D'abord tous les exercices s'y faisaient en grec ; ce ne fut que vers le temps de Cicéron que l'on commença d'y enseigner en langue latine. La philosophie fut également apportée dans cette ville célèbre par des philosophes grecs. Ces nouveaux maîtres y furent longtemps troublés par les magistrats, qui craignaient que la jeunesse romaine ne tournât du côté de la philosophie et de l'éloquence toute son émulation et son ambition : les institutions eurent surtout pour ennemi le sévère Caton, qui voulait que les Romains préférassent la gloire de bien faire à celle de bien dire.


Les écoles publiques en France

Charlemagne fut le premier de nos rois qui établit des écoles publiques en France. Ce prince, dit M. Dulaure dans son Histoire civile, physique et morale de Paris, après avoir parcouru les contrées de l'Italie, s'aperçut que ses Francs étaient fort inférieurs aux nations chez lesquelles se conservaient encore quelques restes de l'antique civilisation ; il prit la résolution de faire renaître dans la Gaule le culte des lettres et d'y établir des écoles.
Pour le seconder dans ce projet, le clergé gaulois dont l'ignorance à peu d'exceptions près, était extrême, ne lui offrait que de faibles ressources. Il appela donc des savants étrangers, des chantres, les grammairiens, des arithméticiens. Il adressa à tous les évêques et abbés une lettre circulaire pour leur prescrire d'établir, dans leurs églises ou dans leurs monastères, des écoles particulières ou publiques : il fut obéi.
On enseignait dans ces écoles, la lecture, l'écriture, l'arithmétique, l'astrologie, qui ordinairement se bornait au calcul, appelé comput, ou à la méthode de déterminer les fêtes mobiles ; enfin on y enseignait l'art de chanter au lutrin, art qui donnait alors une grande considération à celui qui le possédait parfaitement. Telle est l'espèce d'enseignement dont Charlemagne gratifia quelques parties de la Gaule.


L'école épiscopale

Cet enseignement, qui n'agrandit pas le foyer des lumières, les empêcha du moins de s'éteindre. Paris dut avoir quelque part à ces établissements ; il existait dans cette ville quelques écoles pour les personnes qui se destinaient au sacerdoce ; et, conformément à l'ordre de Charlemagne, il dut en être établi dans la maison épiscopale, dans les abbayes de Sainte-Geneviève, de Saint-Germain-des-Prés ; et, cependant les monuments historiques du temps n'offrent aucun témoignage de l'existence de l'école épiscopale, ni de celle de l'abbaye de Sainte-Geneviève. Néanmoins on a la certitude que, sous cette race, l'école de Saint-Germain-des-Prés était en vigueur ; on connaît quelques uns de ses professeurs, de ses élèves ; on connaît quelques ouvrages qu'ils ont composés.
On ne trouve aucune notion semblable sur les autres prétendues écoles de Paris.
On sait qu'Abbon, qui composa, en latin barbare, un poème sur le siège de Paris par les Normands, était élève de l'école de Saint-Germain-des-Prés; et cette production, il faut le déclarer, ne donne pas une idée bien avantageuse des talents de l'élève, ni des progrès de l'instruction dans cette école.


L'ouverture d'une école philosophique

On sait aussi qu'en l'an 900, Remi, moine de Saint-Germain d'Auxerre, vint à Paris pour ouvrir une école de philosophie, ou plutôt de dialectique, école qui fut, à ce que l'on croit, la première en ce genre. On ignore en quel lieu il professait : peut-être son école fut-elle indépendante, comme dans la suite on en vit plusieurs à Paris. Remi eut pour successeur Odon, son disciple.

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