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L'origine de Élysées



Les champs Élysées

C'était, selon la théologie païenne, le séjour destiné aux mânes des hommes vertueux qui s'étaient signalés par des actions utiles à l'humanité, par des faits héroïques, ou par un mérite éclatant.

Ceux qui jadis, par des lois équitables,
Ont adouci les peuples intraitables,
Ou qui, cherchant la guerre et les hasards,
Pour leur pays sont morts aux champs de Mars.

(J.-B. Rousseau)


Une conception venue d'Egypte

La première idée les champs-élysées est venue d'Egypte. Pluche, dans son Histoire du ciel, donne à cette fable une explication assez simple. Diodore de Sicile fit que la sépulture commune des Égyptiens était au-delà d'un lac nommé Achérusie ; que le mort était apporté sur le bord de ce lac, au pied d'un tribunal composé de plusieurs juges qui informaient de sa vie et de ses mœurs. S'il n'avait pas été fidèle aux lois, on jetait le corps dans une fosse ou espèce de voierie qu'on nommait le Tartare. S'il avait été vertueux, un batelier conduisait le corps au-delà du lac, dans une plaine embellie de prairies, de ruisseaux, de bosquets, et de tous les agréments champêtres. Ce lieu se nommait Elisout ou les champs-Élysées, c'est-à-dire pleine satisfaction, séjour de repos ou de joie.

Lorsque les dieux offraient un Élysée aux sages,
Étaient-ce des palais ? C'étaient de verts bocages ;
C'étaient des près fleuris, séjour des deux loisirs,
Où d'une longue paix ils goûtaient le plaisir.

Dans ces lieux de délices régnait un printemps éternel. L'haleine des vents ne s'y faisait sentir que pour répandre le parfum des fleurs. Un nouveau soleil et de nouveaux astres n'y étaient jamais voilés de nuages. Des bocages embaumés, des bois de rosiers et de myrtes, couvraient de leurs ombrages frais les ombres fortunées. Le rossignol avait seul le droit d'y chanter ses plaisirs, et il n'était interrompu que par les voix touchantes des grands poètes et des musiciens célèbres. Le Léthé y coulait avec un doux murmure, et ses ondes y faisaient oublier les maux de la vie.

Un ciel plus pur, des astres plus sereins,
Furent créés pour ces champs souterrains ;
Ils ont aussi leurs soleils, leurs étoiles ;
La nuit pour eux n'a point de tristes voiles.
Dans des forêts de lauriers toujours verts.
Sur des gazons de fleurs toujours couverts,
Parmi les jeux, ces ombres fortunées
Content en paix leurs saintes destinées.

(J.-B. Rousseau)

Là on goûtait encore les plaisirs qui avaient flatté durant la vie. L'ombre d'Achille faisait la guerre aux bêtes féroces, et Nestor y racontait ses exploits. De robustes athlètes s'exerçaient à la lutte ; des jeunes gens dans la vigueur de l'âge s'élançaient dans la lice, et des vieillards joyeux s'invitaient réciproquement à des banquets. Aux biens physiques se réunissait l'absence des maux de l'âme. L'ambition, la soif de l'or, l'envie, la haine et toutes les viles passions qui agitent les mortels, n'altéraient plus la tranquillité des habitants de l'Elysée.

Hors des atteintes de l'envie,
Le sort qu'on goûte en ces climats
N'est plus, ainsi que notre vie,
La triste attente du trépas ;
Jouissant de tout ce qu'il aime,
Chacun porte le plaisir même
Peint sur son fluage riant ;
Et les cœurs, fermé à la plainte,
Ignorent l'inquiète crainte
Et le désir impatient.

(La Morre)

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