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L'origine de Embaumement



Depuis la plus haute antiquité

L'usage d'embaumer les morts remonte à la plus haute antiquité. L'écriture dit que Jacob étant mort, Joseph le fit embaumer. Il est vrai que l'historien sacré n'est entré dans aucun détail sur cette opération ; mais on peut y suppléer par le moyen des auteurs profanes. Ils disent qu'il entrait beaucoup d'aromates, de parfums, et de compositions différentes dans les embaumements, sans parler de plusieurs autres préparations, qui supposent nécessairement des recherches et
des attentions.


L'embaumement dans l'Egypte ancienne

Aussi l'Écriture marque-t-elle qu'on employa quarante jours pour embaumer Jacob. Les Égyptiens avaient donc reconnu dès lors que cet espace de temps était nécessaire pour donner aux corps les préparations propres à les dessécher, et à les garantir de la corruption. Il paraît, au surplus, qu'on ne possédait alors ce secret qu'en Egypte ; et il faut convenir que les Égyptiens ont possédé le secret des embaumements d'une manière supérieure à toutes celles que nous connaissons : car le talent des Égyptiens ne se bornait pas à préserver les cadavres de la pourriture pendant quelques années seulement ; ils étaient parvenus, si l'on peut dire, au point de les éterniser. Les momies qu'on apporte d'Égypte en sont la preuve authentique.
C'est, est-il dit dans la Description de l'Égypte, c'est dans l'Asie et l'Afrique, mais particulièrement en Egypte que les embaumements ont été le plus usités. Les anciens Égyptiens paraissent être les premiers qui aient songé à faire embaumer les dépouilles mortelles de leurs pères, afin d'en perpétuer la durée. De tous les peuples anciens et modernes, les Égyptiens sont aussi les seuls chez lesquels les embaumements aient été faits avec beaucoup de méthode et de succès. Les Grecs nommaient paraschistes ceux qui étaient chargés de faire une incision sur le côté du mort pour l'embaumer, après en avoir retiré les intestins. Ils étaient obligés de s'enfuir d'abord après l'opération, afin de se soustraire aux malédictions et aux mauvais traitements des parents et des assistants. Ensuite on remplissait la cavité du corps de substances résineuses et odoriférantes. Quoique le nom de paraschistes soit d'origine grecque, on sait qu'il existait en Egypte une communauté d'artisans qui exerçaient seuls ce ministère, et qui possédaient quelques connaissances anatomiques, qu'ils se transmettaient de père en fils.


Les tentatives d'embaumement des autres peuples

Plusieurs autres nations, qui se sont succédées sur l'ancien continent, faisaient embaumer leurs morts : les Éthiopiens les couvraient d'une espèce de résine diaphane, au travers de laquelle on pouvait voir le mort, ce qui a fait croire qu'ils les enfermaient dans des coffres de verre ; les anciens Perses les enveloppaient dans de la cire ; les Scythes les cousaient dans des sacs de peau. Pendant plusieurs siècles, les Grecs et les Romains ont employé, pour embaumer leurs morts, les plus rares et les plus précieux parfums ; mais ces sortes d'embaumements imparfaits n'étaient qu'une imitation de ceux des Égyptiens. L'auteur termine cet article intéressant, dont nous ne donnons qu'un extrait, par cette remarque importante : l'Egypte soit considéré avec raison comme très propre à la dessiccation et à la conservation des cadavres, on ne doit point regarder la perfection des embaumements des Égyptiens comme un avantage particulier à l'Egypte ; il n est pas douteux qu'à l'aide des connaissances que nous possédons des arts chimiques, on ne parvienne aujourd'hui à imiter avec succès dans nos contrées cet art merveilleux des Égyptiens, qui fait depuis tant de siècles l'admiration de tous les peuples.


Les nouvelles techniques d'embaumement

Winckelmann dit que c'est à tort que quelques modernes ont avancé, sur le témoignage prétendu d'Hérodote et de Diodore, que Cambyse avait totalement aboli l'usage d'embaumer les morts. Rien de plus faux, ajoute-t-il, « puisqu'après cette époque, les Grecs eux-mêmes firent embaumer leurs morts à la manière des Égyptiens, comme je l'ai prouvé dans mes Pensées sur l'imitation des ouvrages grecs. »
M. Larrey, après avoir expliqué dans les termes de l'art les moyens internes employés en Europe pour l'embaumement des corps de quelques guerriers morts au champ d'honneur, ajoute : « Enfin, on plonge le corps ainsi préparé dans une suffisante quantité d'une solution de muriate suroxygéné de mercure, aussi forte qu'on peut l'obtenir. On le laisse tremper dans cette liqueur l'espace de 90 ou 100 jours. Lorsqu'il est bien saturé de cette dissolution, on le place sur une claie exposée à l'action graduée d'un foyer de chaleur établi dans un lieu sec et aéré ; au fur et à mesure que les parties se dessèchent, on rétablit les formes naturelles de la face, la conformation des membres, et on leur donne l'attitude convenable ; on place deux yeux d'émail entre le globe rétracté de l'œil et les paupières ; on donne une teinte aux cheveux relative à leur couleur naturelle, si on le juge nécessaire, et l'on passe sur toute l'habitude du corps un vernis légèrement coloré, qui anime les teintes de la peau, et lui conserve l'aspect de la fraîcheur ; enfin on met le corps sous verre, pour l'exposer au public, ou on l'ensevelit dans un cercueil. On peut perpétuer ainsi, pendant des milliers d'années, les restes des héros ou des grands hommes d'état. »

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