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L'origine de Émeraude


Pierre précieuse, qu'on estime surtout pour sa couleur verte, suave et veloutée. On distingue des émeraudes orientales et des émeraudes occidentales.


Les émeraudes orientales

Ces émeraudes, qui sont très dures, d'un vert foncé, d'une belle eau et bien rayonnante, sont très rares, et on ne s'accorde pas sur le lieu où elles se trouvent. On sait en général que c'est dans les montagnes du Popayan, et aux environs de Manta, près de Puerto-Viejo.
Les contrées méridionales de l'ancien monde jouissaient à cet égard du même avantage que le Pérou. L'émeraude qui servait d'ornement à la tiare du pape Jules II, est au moins aussi foncée qu'aucune du Pérou ; elle est aujourd'hui conservée au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Or, ce pape est mort en 1513, et le Pérou ne fut découvert et conquis par François Pizarre qu'en 1545.
Pline a décrit la véritable émeraude : au moins la manière dont il en parle ne permet pas d'en douter. Il parait qu'en donnant à cette pierre une forme concave, les anciens en formaient une espèce de lorgnette. L'empereur Néron regardait, dit Pline, le combat des gladiateurs avec une émeraude.
Winckelmann est d'accord avec les auteurs modernes, sur ce que l'on rapporte de ces masses de pierre verte qui décoraient les temples et les édifices de Tyr, et dit que c'était du plame d'émeraude, ou des aigus-marines.


Les émeraudes occidentales

Ces émeraudes, dont la couleur est plus délayée, c'est-à-dire d'un vert clair et agréable à la vue, viennent de l'Amérique et de quelques endroits de l'Europe.
En 1798, M. Vauquelin découvrit dans les émeraudes l'oxyde de glucinium. Suivant ce célèbre chimiste, les émeraudes doivent la belle couleur verte qu'elles ont à une très petite quantité (un trois-centième) d'oxyde de chrôme, qui est aussi un métal dont on a tiré depuis un très grand parti dans les arts. Les émeraudes ne diffèrent des aigues-marines sous le rapport de leur nature, qu'en ce qu'elles ne contiennent point d'oxyde de fer. Les plus belles aigues-marines nous viennent de Daouric, sur les frontières de la Chine. MM. Le Lièvre et Allaud en ont découvert au XIXe siècle près de Limoges une mine très abondante, mais d'une qualité inférieure et demi opaques. C'est de ces aigues-marines qu'on extrait ordinairement l'oxide de glucinium.


La découverte de nouvelles émeraudes

M. Caillaud a découvert en 1819, en Egypte, à 7 ou 8 lieues de la mer Rouge, et à 30 ou 40 au sud de Coceyr, de nombreuses traces d'une vaste exploitation, se rattachant aux anciennes mines d'émeraudes ; il a observé des émeraudes dans leur gangue, et en assez grande abondance pour mériter d'être exploitées. Il est descendu dans des puits de plus de cent mètres de profondeur, communiquant à des galeries encore plus profondes.
Le journal des savants (1683), rapporte qu'il y a, dans le cabinet de la société royale de Londres, une espèce d'émeraude qui, lorsqu'elle est fortement échauffée, reluit dans les ténèbres pendant un temps considérable, mais de telle manière, que la couleur verte de cette pierre se change en un bleu turquin qui reste tant qu'elle reluit, et qui se perd insensiblement avec cet éclat pour laisser reprendre la couleur verte.

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