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L'origine de Empereur


Nom que les Romains donnaient à tous les généraux d'armée, du latin imperare (commander).


Le titre d'imperator dans la Rome antique

On appelait imperator, dans un sens particulier, un général qui après avoir, par lui-même ou par ses lieutenants, remporté quelque victoire signalée, était salué de ce nom par les acclamations des soldats ; de ce moment, les licteurs du général victorieux ornaient de branches de lauriers leurs faisceaux ; le général adressait ensuite au sénat une lettre enveloppée de lauriers, dans laquelle, après avoir rendu compte de ses succès, il suppliait ce corps de ratifier ce que les soldats avaient fait en sa faveur, et d'ordonner des prières publiques en son nom pour rendre grâce aux dieux. Si sa demande était accueillie, c'était un préjugé du triomphe. Il continuait de prendre à la suite de son nom le titre d'imperator, et ne le quittait qu'en rentrant à Rome.


Jules César : premier empereur des Romains

Jules César, s'étant fait nommer dictateur perpétuel l'an 708 de la fondation de Rome, prit le nom d'empereur, que le peuple lui déféra pour marquer l'autorité absolue dont il jouissait dans la république. Dès lors ce nom fut un titre de dignité. Néanmoins, lorsque les princes qui succédèrent au rival de Pompée avaient fait quelque expédition brillante, on les saluait empereurs, et cet hommage qu'ils ne devaient ni à leur qualité, ni à leur rang, était le prix de l'habileté d'un grand capitaine. Auguste le reçut vingt fois pour vingt victoires célèbres ; l'armée de Tite l'accorda à ce prince après la prise de Jérusalem, et Appien remarque que cette coutume subsistait encore sous Trajan.
La dignité d'empereur, réunie dans une seule personne par Jules César, et devenue le titre d'une puissance absolue, fut héréditaire sous les trois premiers successeurs de ce prince, Octave-Auguste, Tibère et Caligula ; mais, après la mort de ce dernier, elle devint élective. Claude fut proclamé empereur par les soldats de la garde prétorienne. Depuis ce temps, les armées s'arrogèrent le droit de se donner un maître, et un simple soldat fut plusieurs fois honoré de leur choix. Les empereurs n'étaient pas plus tôt élus qu'ils envoyaient leur portrait à Rome et aux armées, afin qu'on l'attachât aux enseignes militaires : c'était la manière ordinaire de reconnaître les nouveaux princes.
Le souverain sacerdoce était attaché à la dignité d'empereur, comme il paraît par les médailles ; ainsi ils étaient tout à la fois à la tête du civil, du militaire et de la religion.


L'empereur d'Allemagne

C'est le nom qu'on donne au prince qui a été légitimement nommé par les électeurs pour être le chef de l'empire romain germanique, et qui le gouverne suivant les lois qui lui ont été imposées par la capitulation impériale.
Depuis l'extinction de la maison de Charlemagne, qui possédait l'empire par droit de succession, ou, selon quelques uns, depuis Henri IV, la dignité impériale est devenue élective, et personne n'y est parvenu que par la voie de l'élection ; et même les électeurs, craignant que les empereurs de la maison d'Autriche ne rendissent la dignité impériale héréditaire dans leur famille, ont inséré dans la capitulation de Mathias et dans celle des empereurs suivants, une clause par laquelle leurs mains sont liées à cet égard.


Le titre de César et d'Auguste

Les empereurs prennent le titre de César et d'Auguste, à l'imitation des anciens empereurs romains, aux droits desquels ils prétendent avoir succédé. Autrefois, après avoir été couronnés en Allemagne, ils allaient de nouveau se faire couronner à Rome, comme rois des Romains ; et à Milan, à Monza, à Pavie ou à Modène, comme rois de Lombardie. Mais depuis longtemps cela ne s'observe plus. Charles-Quint était le dernier empereur qui eût été couronné par le pape ; mais depuis, Napoléon Bonaparte s'étant emparé du gouvernement directorial, et s'étant fait nommer, en 1804, empereur des français, invita Pie VII à venir en France pour présider aux cérémonies de son couronnement, qui eut lieu le 2 décembre de la même année.

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