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L'origine de Épice


On comprenait anciennement sous cette dénomination, le sucre, les dragées, les confitures, et toutes les épiceries.


Des gourmandises proposées autrefois au dessert

Le défaut de relations commerciales avec les Indes rendait les épices tellement rares qu'on en présentait aux rois et aux grands seigneurs à la fin des repas ; on en donnait aux personnes dont on voulait capter la bienveillance, ou à celles à qui l'on voulait prouver sa reconnaissance.
« Le roi luy (à la reine de Sicile) fit grand chère, et vint après souper : et après que la dicte royne eut faicte la révérence au roi, dancèrent longuement. Et après l'on apporta le vin et les espices, et servit le roy monseigneur le comte de Clermont de vin, et mondit seigneur le connestable servit d'espices. » (Alain Chartier, Histoire de Charles VII)
Cet auteur prend espices pour dragées et confitures, du mot latin species, specierum, dont usent quelques anciens, comme Pierre, abbé de Cluny, aux statuts de son ordre, statut XI. Et en cas semblable, notre auteur, Philippe de Commynes, au chapitre II de ses mémoires, dit que Philippe, duc de Bourgogne, donna congé aux ambassadeurs qui étaient venus de la part du roi de France, après qu'il leur eust fait prendre le vin et les espices, mot qui dure encore en cette signification aux festins solennels des écoles de théologie à Paris, où l'on a sur le dessert accoutumé de demander le vin et les espices.


Les épices en justice

Et même ce que prennent les juges sous le nom d'espices, après le jugement des procès, a de là tiré son origine. Car anciennement ceux qui avaient obtenu gain de cause faisaient présent à leurs juges de quelques espices ou dragées, par forme de reconnaissance ; ce qui a finalement été échangé en argent. (Annotations sur les œuvres, d'Alain Chartier, 1671).
Mézerai rapporte ainsi l'origine de ces présents que les plaideurs faisaient autrefois aux rapporteurs de leurs procès. Sous le règne de Louis XII, un plaideur ayant obtenu un arrêt favorable s'avisa, pour remercier son rapporteur, de lui donner des boîtes de dragées et de confitures ; quelles nommait alors épices, ce qui fut imité par plusieurs autres. Ces reconnaissances volontaires devinrent bientôt un droit rigoureux. Les juges se crurent bien fondés à les demander, quand on ne les leur donnait pas ; après ils les taxèrent ; et ensuite elles se sont converties en argent.

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