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L'origine de Épicurisme



Une doctrine crée par Épicure

Cette doctrine doit sa naissance à Épicure. Ce philosophe naquit dans l'Attique, au bourg de Gargetta, la troisième année de la cent neuvième olympiade, et par conséquent 342 ans avant Jésus-Christ.
La philosophie épicurienne fut professée sans interruption depuis son institution jusqu'au temps d'Auguste ; elle fit dans Rome les plus grands progrès. La secte fut composée de la plupart des gens de lettres et des hommes d'état. Lucrèce chanta l'épicurisme ; Celse le professa sous Adrien ; Pline le naturaliste sous Tibère : les noms de Lucien et de Diogène Laërce sont encore célèbres parmi les épicuriens.


La redécouverte de l'épicurisme au XVIIe siècle

L'épicurisme eut, à la décadence de l'empire romain, le sort de toutes les connaissances ; il ne sortit d'un oubli de plus de mille ans qu'au commencement du XVIIe siècle. Le discrédit des formes plastiques remit les atomes en honneur. Magnène, de Luxeuil en Bourgogne, publia son Democritus reviviscens, ouvrage médiocre, où l'auteur donne ses rêveries comme des dogmes de Démocrite et d'Épicure.
A Magnène succéda Pierre Gassendi, dont les mœurs douces, le jugement sain, les connaissances étendues, la profonde érudition, honorèrent et la philosophie et sa patrie. Il était Provençal, et fut parmi nous le régénérateur des préceptes d'Épicure. Il eut pour disciples des hommes dont les noms sont immortels dans les sciences et la littérature : Chapelle, Molière, Bernier, Chaulieu, Vendôme, Lafare, Bouillon, Catinat, et plusieurs autres, qui, par un contraste heureux, réunissaient en eux l'héroïsme et la mollesse, le goût de la vertu et celui du plaisir, les qualités politiques et les talents littéraires, et ont formé parmi nous les différentes écoles d'épicurisme moral, dont la plus ancienne et la première était rue des Tournelles, dans la maison de Ninon-de-Lenclos ; c'est là que cette femme extraordinaire rassemblait tout ce que la cour et la ville avaient d'hommes polis, éclairés et voluptueux. De la rue des Tournelles, l'école d'Épicure fut transférée à Auteuil, d'Auteuil à Neuilly, où elle dura peu, et fut divisée à Anet et au Temple.
Que de noms célèbres nous sont offerts dans cette dernière, qui était aussi connue sous le nom de Saint-Maur ou de madame la Duchesse. Outre ceux que nous avons déjà cités, Rousseau, Sonning, Courtin, Campistron, Palaprat, Breteuil, Demesmes, Ferrand, Dangeau, Nevers, Fiesque, Foix, Perigny, Lasserré, Lafeuillade, etc., illustrèrent cette école, qui fut enfin fondue en celle de Sceaux, où se rassembla tout ce qui restait de ces sectateurs du luxe, de l'élégance, de la politesse, de la philosophie, des vertus, des lettres et de la volupté. Ce fut à cette dernière école que s'attacha le cardinal de Polignac, plus par goût pour les disciples d'Épicure que pour la doctrine de leur maître.
C'est là qu'il connut et que parurent après lui Hamilton, Saint-Aulaire, Genêt, Malésieu, Lamotte, Fontenelle, Voltaire, dont les noms et les écrits sont universellement estimés.

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