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L'origine de Épigramme



Des anciennes inscriptions

Ce mot, dans l'origine, signifie la même chose que ce que nous appelons aujourd'hui inscription. On gravait les épigrammes sur les frontispices des temples, des arcs de triomphe, sur les piédestaux des statues, sur les tombeaux, et autres monuments publics. Elles se réduisaient quelquefois au monogramme ; on leur donna peu à peu plus d'étendue ; on les tourna en vers pour que la mémoire pût les retenir plus facilement. Hérodote et d'autres nous en ont conservé plusieurs.
On s'en servit depuis à raconter brièvement quelque fait, ou à peindre le caractère des personnes, et quoiqu'elles eussent changé d'objet, elles conservèrent le même nom.
Les Grecs les renfermaient ordinairement dans des bornes assez étroites ; car, quoique l'anthologie en présente quelques unes assez longues, elles ne passent pas communément six ou au plus huit vers. Les Latins n'ont pas été si scrupuleux à observer des bornes, et les modernes se sont donné encore plus de licence.


Devenu une pièce de poésie

L'épigramme est chez nous une pièce de poésie sur un sujet quelconque, qui renferme une ou plusieurs pensées fines, contenues dans un petit nombre de vers.

L'épigramme plus libre que le sonnet, en son tour plus borné,
N'est souvent qu'un bon mot de deux rimes orné.

(Boileau, Art poétique)

L'un de ses plus grands mérites étant de pouvoir se graver facilement dans la mémoire, elle s'expose à le perdre, si sa longueur peut la fatiguer. La brièveté, la concision sont ses principaux attributs ; l'élégance, la singularité et le piquant de son expression achèvent de la rendre recommandable.
L'épigramme n'est pas toujours satirique ; et lorsqu'elle n'est point assaisonnée du sel mordant de la satire, elle doit, et c'est ce qui la distingue des autres pièces de poésie, renfermer un trait délicat de sentiment ou une moralité piquante. Entre autres exemples de ce genre d'épigramme, nous citerons la suivante, tirée du livre premier des épigrammes du poète Lebrun :

Le poète résigné
La foudre en main quand Jupiter fait rage,
Sur des lauriers tomba-t-elle jamais ?
Ses feux, dit-on, en respectent l'ombrage ;
Mais de l'Amour comment parer les traite ?
Amour peut tout : Phébus, Jupiter même,
Contre un enfant ne sauraient prévaloir.
Il fit Adèle ; il prétend que je l'aime :
Ce qu'Amour veut, il faut bien le vouloir.

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