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L'origine de Épithalame



L'usage de l'épithalame dans la Grèce antique

L'origine de cette espèce de poésie remonte à la plus haute antiquité. Les Hébreux en connurent l'usage dès le temps de David ; ce n'était chez les Grecs qu'une simple acclamation d'Hymen, ô Hyménée. Cette acclamation ne fut dans la suite que l'accessoire de l'épithalame ; on l'intercala dans le poème, où l'on en fit un refrain qui servait à exprimer les vœux et les applaudissements des chœurs.
L'invention de l'épithalame est communément attribuée à Stésichore, qui florissait dans la quarante-deuxième Olympiade. Mais Hésiode en avait composé plusieurs, et, entre autres, celui qui fut chanté aux noces de Thétis et Pélée.


L'épithalame chez les Romains

L'épithalame latin a une origine peu différente de l'épithalame grec. L'épithalame, chez les Romains, commença par l'acclamation de ce mot Thalassius ou Thalassus, qui était ou le dieu des noces, ou seulement une expression de joie consacrée à la solennité de ces sortes de fêtes, et qui signifiait la même chose qu'hymen et hyménée chez les Grecs. Les vers qu'on chantait alors étaient grossiers et pleins d'obscénités ; on les appelait fescennins. Cette espèce d'épithalame fut en usage jusqu'au temps de Catulle, le premier des Latins qui, prenant Sapho pour modèle, substitua à Thalassius ou Thalassus l'acclamation des Grecs hymen, ô hyménée, et porta chez les Latins l'épithalame à la perfection où nous le voyons. Ce poème se chantait à Rome, comme en Grèce, à la porte de l'appartement des époux, par des chœurs de jeunes garçons et de jeunes filles avec l'accompagnement des flûtes.


L'épithalame en France

L'épithalame est, chez nous, une chanson ou un petit poème composé à l'occasion d'un mariage et à la louange des nouveaux mariés. « Quand on fait des épithalames pour ses amis et familiers, on substitue ordinairement, dit J.-J. Rousseau, à ces vœux honnêtes et simples que les anciens formaient pour le bonheur des époux, quelques pensées équivoques et obscènes, plus conformes au goût du siècle. »

Quand par les nœuds d'hymen la fille devient femme,
Quand mademoiselle est madame,
Parents, amis, voisins, tout vient se réjouir
De l'heureux succès de sa flamme ;
Phébus même en ses vers a soin le l'applaudir ;
Mais bientôt le regret cause plus d'un soupir.
Si j'osais hasarder une fausse épigramme,
Je dirais que l'épithalame
Est l'épitaphe du plaisir.

(Panard)

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