Accueil > Les origines commençant par E > L'origine de évocation

L'origine de Évocation



Les évocations dans l'antiquité

C'était, chez les anciens, une pratique superstitieuse exercée d'abord par des prêtres, ensuite par des magiciens ou des magiciennes, qui prétendaient faire apparaître aux yeux des hommes crédules qui les consultaient, les âmes des morts, soit pour connaître le passé, soit pour en tirer des prédictions pour l'avenir. Ces pratiques superstitieuses remontent à une très haute antiquité.
Le vingt-huitième chapitre du deuxième livre des Rois, parle de l'évocation de l'ombre de Samuel faite par la pythonisse. L'histoire profane nous apprend que du temps d'Homère les évocations étaient déjà en usage. Il y avait des temples consacrés aux mânes, où l'on allait consulter les morts ; il y en avait qui étaient destinés pour la cérémonie de l'évocation.
Pausanias alla lui-même à Héraclée, ensuite à Phygalia, pour évoquer, dans un de ces temples, une ombre dont il était persécuté. Périandre, tyran de Corinthe, se rendit dans un pareil temple élevé chez les Thesprotes, pour consulter les mânes de Mélisse.


Les usages liés aux évocations

Comme c'était ordinairement aux divinités malfaisantes que la magie gétique s'adressait dans ces sortes d'évocations, on ornait les autels de rubans noirs et de branches de cyprès ; on sacrifiait des brebis noires : les lieux souterrains étaient les temples consacrés à ce culte infernal. L'obscurité de la nuit était le temps du sacrifice ; et l'on immolait, avec des enfants ou des hommes, un coq, dont le chant annonce le jour, la lumière étant contraire au succès des enchantements.
Dans les évocations, on s'adressait à tout ce qui habite les enfers :

Dieux souverains des demeures profondes
Que le Cocyte arrose de ses ondes ;
Pâles tyrans de ces lieux abhorrés
Que l'œil du jour n'a jamais éclairés ;
Chaos, Erèbe, Euminides, Gorgones,
Styx, Achéron, Parques et Tisiphones,
Terrible mort, effroi de l'univers ;
Et si Pluton souffre encore aux enfers
Quelque puissance aux mortels plus fatale,
Que tardez-vous ? venez, troupe infernale,
Puisque le ciel a remis en nos mains
Le châtiment des coupable humains.

(J.-B. Rousseau)

Autres origines :